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Les dernières réponses du gouvernement à la crise agricole

La ministre de l'Agriculture a fait de nouvelles annonces pour répondre à la colère des agriculteurs le 9 janvier 2026.

La ministre de l’Agriculture a présenté les réponses du gouvernement à la crise agricole. Dermatose nodulaire contagieuse (DNC), taxe sur les engrais, Pac ou encore revenus agricoles, plusieurs points ont été abordés.

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Des annonces en faveur du monde agricole devaient être faites en fin de semaine, alors que les mouvements de protestation agricole s’intensifient. Le Premier ministre s’y était engagé auprès de la FNSEA, le mardi 6 janvier 2026. « Votre message est reçu cinq sur cinq », a lâché la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, devant la presse, ce 9 janvier 2026 avant de présenter ces « réponses concrètes » pour répondre aux revendications des agriculteurs.

La stratégie pour éradiquer la DNC

« Depuis six jours, aucun foyer n’a été détecté, s’est félicité Annie Genevard à propos de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Mais il faut préparer l’avenir. » Pilotée par le Cirad, une mission scientifique doit travailler à l’évolution du protocole sanitaire. « Quand l’immunité collective sera atteinte, si un nouveau cas se présente, il faut qu’on puisse voir si le protocole sanitaire peut être allégé », explique la ministre.

Annie Genevard annonce également qu’elle rencontrera d’ici dix jours son homologue italien pour négocier des laissez-passer et reprendre les exportations vers l’Italie. Et pour indemniser les éleveurs français dont le troupeau a été touché par la maladie, le fonds d’indemnisation initialement doté de 11 millions d’euros, sera désormais porté à 22 millions d’euros.

Soutien aux filières

Outre cette aide d’urgence, Annie Genevard annonce doter de 30 millions d’euros supplémentaires le plan Méditerranée, le plan fruits et légumes et le plan protéines. Les grandes cultures doivent aussi bénéficier d’un fonds spécifique de 40 millions d’euros.

Le fonds hydraulique bénéficiera bien d’une rallonge de 40 millions d’euros. Un triplement de son budget que le Premier ministre avait déjà évoqué dans un courrier adressé à la profession agricole, en début de semaine.

Mesures européennes

Annie Genevard l’avait déjà annoncé le 4 janvier, la France suspend l’importation et la mise sur le marché de denrées alimentaires en provenance de pays en dehors de l’Union européenne (UE) contenant des résidus de pesticides interdits dans l’Union européenne.

Cinq substances sont d’ores et déjà ciblées par la ministre. « Je prendrai d’autres arrêtés », a-t-elle promis. Par ailleurs, elle a annoncé démultiplier les contrôles aux aéroports et ports pour « éviter que des produits passent à travers les mailles du filet ».

Sur la Pac, Annie Genevard se félicite l’annonce d’une rallonge budgétaire de 45 millions d’euros. « Pas un seul centime ne manquera, a-t-elle martelé. Nous restons mobilisés : en donnant plus de place à l’Outre-mer, en prenant en compte l’inflation, en veillant que la Pac devienne bien une politique commune et non une compétition entre pays. »

Enfin, la suppression des droits de douane pour les engrais importés et la révision du mécanisme pour suspendre le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) pour les engrais éviteront les surcoûts sur le prix des engrais payés par les agriculteurs.

Les échéances

« Le monde agricole nous a interpellés directement sur les difficultés qu’entraîne le nouveau registre phytosanitaire, que tout exploitant agricole doit tenir, a indiqué la ministre. Un arrêté était prêt, j’ai pris la décision de le soumettre à une nouvelle consultation des professionnels. »

L’augmentation des quotas pour le prélèvement de loups et l’assouplissement des conditions d’accès au tir sont attendus d’ici le salon de l’agriculture, a été confirmé par Mathieu Lefèvre, ministre délégué chargé de la Transition écologique. Le quota serait désormais porté à 21 % au lieu des 19 % prévus initialement avec effet rétroactif au 1er janvier 2026.

La ministre a également promis que les décrets relatifs aux installations classées (ICPE) seraient publiés avant la fin du mois.

La mise en garde d’Amélie de Montchalin

« Ce plan dépendra de notre capacité à avoir un vrai budget », a alerté la ministre des comptes publics, Amélie de Montchalin. Certaines mesures feront l’objet d’amendements débattus dans le cadre des discussions autour de la loi de finances 2026. Des débats menacés par le dépôt d’une motion de censure à l’encontre du gouvernement Lecornu et votée mercredi prochain.

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