Dans un courrier daté de ce mardi 6 janvier 2026, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, propose une série d’aménagements aux États membres concernant notamment la Pac. Parmi eux, le déblocage de 45 milliards d’euros dès 2028. Cette somme est une anticipation du versement de fonds qui auraient été potentiellement disponibles plus tard, lors d’une révision à mi-parcours de la future politique agricole commune.

Plusieurs zones d’ombre

Lors d’un échange avec la presse quelques minutes après la publication de cette lettre, le ministère de l’Agriculture a souligné plusieurs zones d’ombre, notamment sur la temporalité de ces 45 milliards, leur répartition entre les pays et la source exacte du financement. « Il y aura une réaction officielle de la ministre, évidemment », a assuré son entourage, précisant qu’il lui était encore nécessaire de l’analyser.

La lettre « ne change pas l’objectif poursuivi par la France et la ministre au sujet de la Pac », et ce qu’elle a prévu de défendre demain, le mercredi 7 janvier à Bruxelles lors d’une réunion informelle organisée à l’initiative de la Commission européenne et de la présidence chypriote du Conseil. Annie Genevard « martèlera » ses trois exigences : le maintien intégral du budget de la Pac, le refus de la décommunautarisation, et l’opposition à la renationalisation.

Un geste ultime de la Commission européenne

Jusqu’ici, la Commission européenne promettait aux États membres, un « minimum » de 300 milliards d’euros de revenus directs dans la future Pac, contre 387 milliards durant la période de 2021 à 2027. Cette annonce ressemble à une ultime concession avant la signature de l’accord de libre-échange avec le pays du Mercosur, envisagée le 12 janvier prochain. Ursula von der Leyen a besoin au préalable du feu vert des États membres, lors d’un vote attendu dès vendredi.

Négocié depuis plus de 25 ans, ce traité de libre-échange permettrait notamment à l’Union européenne d’exporter davantage de voitures, machines, vins et spiritueux en Argentine, au Brésil, au Paraguay et en Uruguay. Il faciliterait l’entrée en Europe de viande, sucre, riz, miel et soja sud-américains.