Comment lutter contre la cercosporiose sur betterave en 2026
L’Institut technique de la betterave (ITB) recommande de combiner trois leviers contre la cercosporiose : le bon choix variétal, les bons programmes et le bon positionnement des traitements.
Vous devez vous inscrire pour consulter librement tous les articles.
En 2025, les conditions météo ont été peu favorables au développement de la cercosporiose sur betterave. « Nous avons eu une année plutôt clémente, comparativement à 2024 », confirme Adrien Bras, technicien d’expérimentation à l’Institut technique de la betterave (ITB). Pour autant, la cercosporiose reste la principale maladie foliaire de la culture et cela dans toutes régions. C’est aussi celle qui présente la plus forte nuisibilité, en cas de développement précoce et rapide. La vigilance reste donc de mise pour 2026. Les recommandations de l’ITB reposent sur le triptyque habituel des bons choix : variétés, produits et positionnement des traitements.
De bons rendements en betteraves en 2025 (31/12/2025)
Maîtrise des coûts
Le choix variétal reste le « critère numéro 1 » et sera à adapter au niveau de risque de la parcelle. « Si vous êtes dans un marais ou un fond de vallée, vous allez avoir de la brume matinale et donc plus de chances pour que la cercosporiose se développe vite », illustre Adrien Bras. D’autres critères sont à considérer : pression en années N–2 et N–1 (l’inoculum se conserve jusqu’à trois ans dans le sol), état des parcelles voisines ou encore dates de récolte (lire l'encadré).
D’une manière générale, l’ITB conseille d’opter pour des variétés tolérantes (1), gage de maîtrise de la maladie mais aussi des coûts. « Sur trois passages, on arrive à maintenir un bouquet foliaire stable et compatible avec une bonne productivité », résume François Courtaux, responsable de la délégation de l’Aisne.
T0 inutile
Du côté des traitements, l’institut recommande toujours d’associer les triazoles (Spyrale, Propulse…) à Airone SC, spécialité à base de cuivre homologuée sur betterave à titre dérogatoire (2). Selon un essai conduit en 2025 dans le Loiret en microparcelle, la productivité (3) de la modalité « triazoles + Airone SC » était de 163 t/ha, contre 155 t/ha pour la modalité « triazoles seules ».
Déduction faite du surcoût de fongicide, le gain réel était de 6,71 t/ha. « Associer les triazoles avec l’Airone SC est toujours économiquement rentable, même dans les années à pression modérée », juge ainsi Adrien Bras. Efficace, la spécialité présente néanmoins une contrainte réglementaire de taille : l’exigence d’un dispositif végétalisé permanent (DVP) non traité de 20 mètres en bordure de points d’eau.
Si ces programmes sont théoriquement efficaces, encore faut-il intervenir au bon moment pour le confirmer au champ. « Il ne faut pas raisonner les traitements selon le calendrier, mais bien selon les observations de terrain », résume Alexandre Métais, responsable régional pour la Normandie et le Val-d’Oise. Et d’ajouter : « Rien ne sert d’anticiper la protection par rapport à l’arrivée des premiers symptômes. On ne gagne pas en productivité, avec très souvent le besoin d’un traitement supplémentaire. »
(1) Voir le cahier technique du 25 novembre 2025 — numéro 1209. (2) En 2026, Airone SC sera utilisable sur betterave sous réserve de l’obtention d’une dérogation de 120 jours. (3) Rendement racine multiplié par la richesse.
Pour accéder à l'ensembles nos offres :