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Face à la crise des engrais, le Copa-Cogeca veut la suspension des taxes d'importation

Les syndicats Copa et Cogeca ont publié leur position sur le futur plan d’action sur les engrais de la Commission européenne,

Le Copa et la Cogeca recommandent plusieurs mesures concrètes à mettre en place dans l’Union européenne « pour faire face à la crise des engrais et garantir la stabilité du marché à long terme ». Parmi elles, la suspension de certaines taxes d’importation pour les engrais et la modification de la directive sur les nitrates.

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Le Copa et la Cogeca, représentant des organisations agricoles et des coopératives à l’échelle européenne, ont publié le 5 mars 2026, un document de « position » concernant le plan d’action sur les engrais que la Commission européenne doit bientôt présenter. 

Ils appellent la Commission européenne à « agir » par ces mesures décisives qu’ils disent « urgemment nécessaires pour protéger la viabilité des exploitations agricoles et la sécurité alimentaire de l’Europe ». Leur document expose des mesures concrètes à mettre en place à court, moyen et long terme.

Lever les taxes sur l’ammoniac et l’urée « ne suffit pas »

Le Copa et la Cogeca exhortent tout d’abord la Commission européenne à suspendre temporairement les droits d’importation dits « de la nation la plus favorisée » sur les engrais azotés. Ils listent à ce sujet les engrais à base d’urée, d’UAN (nitrate d’ammonium et urée), de dihydroxyacetone phosphate, de phosphate monoammonique et d’azote. Copa et Cogeca considèrent qu’à court terme, « ces mesures permettront d’atténuer la pression sur les prix et de garantir un approvisionnement à prix abordables ». Ils estiment que la suspension temporaire des droits d’importation uniquement sur l’ammoniac et l’urée, tels qu’annoncés par la Commission européenne le 24 février 2026, « ne suffit pas ».

Pour une suspension « immédiate » du MACF

Le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) est sans surprise lui aussi au cœur du document. Le Copa et la Cogeca plaident à nouveau la « suspension immédiate du MACF pour les engrais » et ce « jusqu’à ce que les incertitudes liées à la tarification soient résolues » et « jusqu’à ce que les effets problématiques du MACF […] soient mieux gérés ».

La suspension de cette taxe carbone, qui avait été un temps évoquée, ne semble plus être à l’ordre du jour au niveau européen. Les agriculteurs s’inquiètent des répercussions du MACF sur le prix des engrais en Europe ainsi que sur les flux d’approvisionnement. À l’appel du Copa-Cogeca, le MACF était d’ailleurs un des motifs de la manifestation agricole à Bruxelles le 18 décembre 2025.

Modifier « sans délai » la directive sur les nitrates

Les deux représentations Copa et Cogeca demandent la modification « sans délai » de la directive sur les nitrates, afin de réduire la dépendance aux engrais de synthèse. À ce titre, elles proposent notamment « une plus grande flexibilité dans l’utilisation du fumier lorsque cela est justifié agronomiquement » et « d’autoriser l’utilisation de digestat au-delà des seuils actuels ». Quant aux effluents de type Renure, ils devraient être selon elles, « alignés sur les recommandations du Centre commun de recherche » avec une liste moins restrictive des méthodes de transformation autorisées.

Transparence des marchés, ammoniac vert…

Le Copa et la Cogeca prônent « une plus grande transparence sur le marché des engrais » afin de fournir des informations fiables aux agriculteurs sur les prix et les disponibilités. « L’Observatoire du marché des engrais devrait être renforcé, les règles de concurrence strictement appliquées », soulignent-ils dans un communiqué.

Ils voient aussi la stratégie de l’Union européenne pour la bioéconomie publiée en 2025 comme un moyen de développer les engrais biosourcés, et de « clarifier la législation en ce qui concerne les cinq produits biosourcés dérivés du fumier animal, du digestat de biogaz, des résidus agricoles et des déchets organiques ». Cela permettrait d’augmenter la production nationale d’engrais organiques et minéraux, de réduire la dépendance à l’égard des importations selon le Copa et la Cogeca.

Copa et Cogeca écrivent enfin des propositions pour « construire une industrie européenne compétitive dans le domaine des engrais » sur le long terme, en parallèle d’une production locale d’ammoniac vert « à l’échelle des exploitations agricoles et des régions ».

Pour le Copa et la Cogeca, toutes ces mesures représentent « le minimum requis pour faire face à une crise dénoncée depuis des années par les agriculteurs ».

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