Comme évoqué le 7 janvier 2026, « la Commission européenne a proposé de suspendre, pour un an, les droits de douane dits de « la nation la plus favorisée » (NPF) (1) sur les importations de plusieurs engrais azotés essentiels et des intrants nécessaires à leur production (ammoniac, urée), a-t-elle annoncé le 24 février 2026 dans un communiqué de presse. La suspension des droits sera appliquée […] au moyen de contingents tarifaires sans droits de douane. » Bruxelles chiffre l’économie à 60 millions d’euros de droits d’importation.

Si les quotas sont atteints, les engrais importés seront à nouveau soumis à la taxe NPF. Tous les pays sont concernés, à l’exception de la Russie et de la Biélorussie. Pour rappel, la Commission européenne impose des taxes supplémentaires sur ces deux origines depuis le 1er juillet 2025, dans le but de réduire ses dépenses et d’arrêter de financer l’effort de guerre.

Limiter la hausse des coûts

À travers cette nouvelle proposition, Bruxelles entend « répondre à la hausse des coûts supportés par les agriculteurs ». La Commission européenne rappelle d’ailleurs avoir mis sur la table pour les mêmes raisons, en décembre, « une exception aux règles de calcul standard du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières [MACF], afin de réduire » son impact sur le prix des engrais.

Ce dispositif est en place depuis le 1er janvier 2026. Sa suspension avec effet rétroactif a été évoquée, sans application pour le moment. Il continue donc d’alimenter les débats, sans que ses effets fassent consensus entre les agriculteurs et les fabricants d’engrais européens.

(1) Les droits de douane dits de la nation la plus favorisée permettent « à un État de bénéficier des mêmes avantages commerciaux que tout autre État, pour l’importation d’un produit similaire, explique le site de la République française service-public.fr. Toute concession, comme une réduction des tarifs douaniers, accordée par un État signataire de cette clause est automatiquement appliquée à tous les autres États signataires ».