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Les syndicats divisés aprés les nouvelles annonces du gouvernement

Les tracteurs de la FNSEA et JA ont quitté Paris, mais d'autres mobilisations se poursuivent, notamment à Toulouse. (photo d'illustration).

Les tracteurs de la FNSEA ont quitté Paris, après 24 heures sur place. Après l’annonce d’une prochaine loi spéciale par le Premier ministre, le gouvernement aurait pris « des engagements sur les sujets de trésoreries ». À Toulouse, la Coordination rurale reste mobilisée.

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Après une bonne partie de la nuit passée devant l’Assemblée nationale, tous les tracteurs de la FNSEA se sont retirés progressivement de la capitale ce mercredi 14 janvier 2026 avant le lever du jour, une fois des engagements obtenus sur les sujets de trésorerie. « Une délégation a été reçue vers minuit par la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, qui nous a donné des précisions et des engagements sur les prêts de trésorerie et de restructuration pour les agriculteurs les plus endettés », a confié à l’AFP le vice-président de la FNSEA, Luc Smessaert, avant de repartir dans l’Oise. Les premiers tracteurs ont commencé à quitter la capitale vers 4 heures, a-t-il précisé.

« À 6h20, l’ensemble des engins agricoles avaient quitté Paris », selon la préfecture de police. Obtenir des avancées sur le sujet de la trésorerie avait été mentionné mardi soir par Damien Greffin, autre vice-président de la FNSEA, au moment de justifier la poursuite de la mobilisation « pour la nuit » devant l’Assemblée nationale.

La Coordination rurale mobilisée à Toulouse

Par ailleurs, à Toulouse des tracteurs sont temporairement entrés dans la ville mardi soir, malgré l’interdiction de la manifestation agricole, avant d’être délogés par les forces de l’ordre et d’établir un barrage filtrant devant l’aéroport de Toulouse-Blagnac, ont constaté des journalistes de l’AFP. Cinq agriculteurs ont été interpellés dans la nuit, ont dénoncé des porte-parole de la Coordination rurale.

« Voilà la réponse de l’État quand on sait que l’on nous a apporté aucune réponse, hormis la signature du Mercosur », regrette Vincent Arbusti, porte-parole de la Coordination rurale du Gers. En début de matinée ce 14 janvier, une dizaine de tracteurs de la Coordination rurale du Gers filtraient la circulation sur un rond-point menant à l’aéroport Toulouse-Blagnac, perturbant la circulation.

« Une loi d’urgence agricole »

Plus tôt mardi 13 janvier, le Premier ministre avait annoncé une « loi d’urgence agricole » pour tenter de calmer la colère des agriculteurs. Le texte promis par Sébastien Lecornu doit porter sur « plusieurs priorités : eau, prédation, moyens de production ». Il « sera inscrit à l’ordre du jour du Conseil des ministres au mois de mars et sera ensuite examiné par le Parlement avant l’été », a assuré le Premier ministre.

Des annonces dans un premier temps en partie saluées par Damien Greffin, avant que beaucoup, parmi la base des délégations agricoles, n’expriment leur volonté de rester pour poursuivre les négociations et maintenir le rapport de force.

Sébastien Lecornu a également affirmé qu’un « cap clair » sur la politique de l’eau serait par ailleurs « fixé d’ici au salon » de l’agriculture qui se tiendra du 21 février au 1er mars, et demandé, avant la présentation du projet de loi, un « moratoire sur toutes les décisions relatives » à cette question et la suspension des « textes fixant les volumes d’eau prélevables […] jusqu’à septembre ». Le chef du gouvernement a enfin évoqué des réunions pour étudier « les possibilités de dérogation » à la directive européenne sur les nitrates, qui encadre notamment les épandages d’engrais par les agriculteurs.

Des mesures soumises au vote du budget

Cela s’ajoute à un paquet de « 300 millions d’euros » annoncé vendredi 9 janvier et qui contient des mesures prévues à la fois dans le budget, et donc soumises au vote des parlementaires, et d’autres déjà égrenées ces dernières semaines par le gouvernement pour répondre à la crise agricole.

Les annonces de mardi répondaient quasi point par point à des demandes de la FNSEA et des JA, alliance qui domine le syndicalisme agricole et dont les sections locales du grand bassin parisien étaient mobilisées ce mardi 13 janvier à Paris. Entrés à l’aube dans la capitale, les tracteurs ont descendu les Champs-Élysées avant de s’établir devant l’Assemblée nationale, avec duvets et matelas. Plus de 350 tracteurs selon les autorités, 500 selon les manifestants, ont stationné aux abords de l’Assemblée nationale, et les agriculteurs présents ont aussi déversé plusieurs tonnes de pommes de terre sur le pont de la Concorde, en cadeau aux Parisiens.

La colère toujours présente

Depuis le début de décembre, les manifestations d’agriculteurs se multiplient et les annonces du gouvernement vendredi après des défilés de tracteurs de la Coordination rurale puis de la Confédération paysanne dans la capitale n’ont pas suffi à calmer la colère. La Coordination rurale a dénoncé mardi sur X « la différence de traitement du gouvernement face à nos mobilisations », en référence aux interdictions auxquelles le deuxième syndicat a fait face en amenant ses tracteurs jeudi à Paris. Elle ajoute que « l’agriculture est menacée par la cogestion » entre la FNSEA et l’État.

La Confédération paysanne a dénoncé, dans un communiqué du 13 janvier, la réponse du gouvernement, tout en critiquant elle aussi les demandes de la FNSEA. Après trois lois Egalim et la loi Duplomb, « personne, à part les dirigeants de la FNSEA, n’a demandé de loi « spéciale » ! » fustige le syndicat. Pour la Confédération paysanne les sujets prioritaires sont la politique sanitaire du gouvernement sur la dermatose nodulaire contagieuse et la lutte contre l’accord entre l’Union européenne et les pays du Mercosur.

Le Modef ne veut pas, de son côté, une loi d’urgence « écrite par la FNSEA comme la loi Duplomb et la loi d’orientation agricole ». Le syndicat estime dans un communiqué du 13 janvier que les dernières annonces du gouvernement sont avant tout prises en faveur de « l’agriculture libérale et les intérêts capitalistes ». Il plaide pour une loi traitant le sujet « des prix de base à la production » avec la mise en place de prix minimums garantis par l’État.

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