Une année 2025 contrastée pour les exportations de céréales par Haropa Port
Les chargements de céréales par Haropa Port, qui regroupe les ports du Havre, de Rouen et de Paris, ont été relativement faibles sur la première moitié de l’année 2025 en raison de la mauvaise récolte de 2024. À l’inverse, le démarrage de la campagne de 2025-2026 est l’un des meilleurs depuis dix ans.
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Pour Haropa Port, le groupement des ports du Havre, de Rouen et de Paris, l’année 2025 a été « bonne », malgré « un contexte géopolitique compliqué et mouvant », a présenté Benoît Rochet, président du directoire et directeur général de la structure, en conférence de presse le 21 janvier 2026 à Paris.
Les filières des vracs solides (céréales, agrégats, matériaux du BTP…) « ont retrouvé une tendance à la hausse en 2025 » avec un trafic total de 12,92 millions de tonnes (Mt) (+10 % par rapport à 2024), souligne Kris Danaradjou, directeur général adjoint du développement à Haropa Port.
54 % des céréales exportées via Rouen
Dans le détail, 7,36 Mt de céréales ont été exportées sur l’année 2025, soit +4 % par rapport à l’année 2024. L’année a été « très contrastée », décrit Kris Danaradjou. Le premier semestre (3,05 Mt chargées) correspondait à la campagne de commercialisation de 2024-2025, l’une des plus mauvaises des dernières décennies. Les chargements de la campagne de 2024-2025 se sont terminés en juillet 2025, totalisant 5,2 Mt. Un chargement « faible », « mais qui a permis de montrer que Rouen progresse dans sa part de marché sur l’exportation des céréales françaises : 54 % des céréales exportées sont passées par Rouen », décrit Kris Danaradjou. Selon lui, la résilience et l’étendue de son hinterland (sa zone d’influence terrestre) ont fait que « Rouen a peut-être moins souffert que les autres ports. »
La deuxième partie de l’année 2025 (4,31 Mt chargées) a bénéficié d’une meilleure campagne céréalière « puisque la récolte de 2025 est en hausse de près de 28 % sur un an selon les chiffres de FranceAgriMer », ajoute ce dernier. Les premiers chargements ont commencé à partir de juillet 2025, et les volumes sont plutôt importants : « Ce début de campagne est l’un des meilleurs des dix dernières années », rapporte-t-il.
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Des arbitrages en raison des prix des céréales bas
« En blé tendre, on retrouve des destinations traditionnelles : le Maroc, l’Afrique de l’Ouest, et des plus lointaines comme l’Égypte ou la Jordanie, ajoute Kris Danaradjou. Cela montre que la qualité du grain français arrive à s’adapter aux conditions de marchés. »
Quant aux perspectives pour le début de l’année 2026, « il reste des volumes à exporter », indique Kris Danaradjou. Du fait de la meilleure récolte de 2025 comparativement à celle de 2024, la campagne de 2025-2026 sera supérieure sur un an, « mais difficile de dire à quel niveau », ajoute-t-il.
Par ailleurs, « une donnée macroéconomique est à prendre en compte : le prix des céréales sur le marché international, qui est relativement bas aujourd’hui. Il y a des arbitrages des acteurs, pour savoir à quel moment ils mettront leurs céréales sur le marché, pour essayer d’en tirer le meilleur prix. »
Accélération des entrées d’engrais à la fin de 2025 en prévision du MACF
Concernant les autres vracs solides, Kris Danaradjou constate une progression des flux de l’ordre de 3,5 % en un an sur les engrais (liquides et solides), « sans doute lié à l’anticipation des professionnels, en prévision de la mise en œuvre du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières [MACF] prévu au 1er janvier 2026. »
Un outil de rayonnement de la France
« Haropa est le port de la ferme France », affirme Benoît Rochet. Le groupement est resté en 2025 le premier port exportateur de céréales d’Europe de l’Ouest. « Via Rouen, on exporte une grande partie des céréales françaises dans le monde entier. C’est un outil de rayonnement et de souveraineté nationale, insiste-t-il. De très nombreux produits agricoles (vins, spiritueux, laitages, fromages…) destinés au monde entier partent des quais du Havre. Nous sommes fiers de faire rayonner l’excellence française dans différents continents. »
Les droits de douane et les accords comme le Mercosur signés par la Commission européenne « sont des éléments du paysage qui s’imposent à nous, constate Benoît Rochet. Savoir s’adapter est dans l’ADN des ports, pour le meilleur et pour le pire. »
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