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Face à Macron, le Cniel réaffirme la nécessité de moderniser la filière laitière

Lors du Salon de l'agriculture, le président du Cniel, Pascal Le Brun, a affirmé à Emmanuel Macron la nécessité d'agir indirectement sur les prix du lait au travers de leviers européens.

Au Salon de l’agriculture, l’interprofession laitière a alerté Emmanuel Macron sur la nécessité de reconquérir les marchés d'entrée et de milieu de gamme, d’accélérer la modernisation des outils de production et d’obtenir des leviers européens de gestion de crise du lait.

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Le début de l’année 2026 marque pour l’interprofession laitière le départ d’un nouveau projet stratégique. Le Cniel a profité du Salon de l’agriculture pour réaffirmer ses ambitions auprès du président de la République, Emmanuel Macron, le samedi 21 février 2026. Face à la hausse des importations de produits laitiers en France — un bond de plus de 13 % en 2025 en valeur (1) —, « nous avons interpellé le président sur la nécessité de reconquérir des parts de marché sur les produits laitiers d’entrée et de milieu de gamme », a expliqué le président du Cniel, Pascal Le Brun, à La France Agricole, en marge de la visite présidentielle.

Dans son viseur, le marché de la restauration hors foyer (RHF) qui prend une place importante dans le quotidien des Français. Les importations de fromages ingrédients (cheddar, mozzarella, rapé) à destination de la RHF et des industries de seconde transformation se font de plus en plus présentes. « Nos importations de fromage ont augmenté de 75 % entre 2013 et 2022 », rapporte le Cniel.

Les transformateurs français font face à une dégradation de leur compétitivité et ne peuvent répondre présents sur de nombreux segments. « Le coût social, le coût de l’énergie, la taille des outils de transformations » sont autant de freins par rapport aux autres pays producteurs européens. Face à ce constat du Cniel, Emmanuel Macron a affirmé la nécessité « d’aller plus vite sur la modernisation des outils de transformation et des exploitations ».

Rehausser les seuils d’intervention de la Commission européenne

Autre sujet brûlant pour les éleveurs laitiers, les prix du lait en baisse en Europe. Le Cniel a pris position devant le président de la République. « Nous lui avons réaffirmé la nécessité d’augmenter les seuils de prix d’intervention de la Commission européenne pour le stockage public de produits industriels ». Le besoin ? « S’aligner sur l’inflation », explique la directrice du Cniel, Caroline Helleisen Errant. Si Bruxelles avait pris en compte cette inflation, « elle aurait déjà dû intervenir ».

L’interprofession appelle également au stockage privé de produits industriels. Quant à la réduction volontaire des volumes, le Cniel estime que la hausse de collecte « ne vient pas de la France, qui s’est cantonnée à une production de 23,5 milliards de litres en 2025 ».

Autre sujet prioritaire pour le Cniel, l’attractivité des métiers. L'interprofession estime à 516 000 le nombre d’emplois qui gravitent autour de la filière laitière (emplois directs et indirects). Le président de la République a, là encore, abondé dans le sens du Cniel, estimant que « les territoires avaient besoin de l’interprofession pour faire passer des messages sur les métiers en tension ».

(1) Selon l’Institut de l’élevage.

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