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Le plan de souveraineté pour le blé dur se met doucement en place

En 2025-2026, la sole française de blé dur a atteint son plus bas niveau à 222 000 hectares.

Face au déclin des surfaces de blé dur en France, le plan de souveraineté signé en 2024 vise à accompagner la filière pour lui redonner de l’élan. Dans le contexte budgétaire contraint actuel, l’enveloppe de 11 millions d’euros engagée par l’État sera néanmoins abaissée à 7,3 millions d’euros.

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Depuis 15 ans, un déclin de la culture du blé dur s’observe en France, lié à l’érosion des surfaces qui « ont été divisées par deux » sur cette période, a constaté Benoît Piétrement, président d’Intercéréales, le 6 février 2026 en introduction de la journée consacrée à la filière du blé dur à la Rochelle. Pour la campagne de commercialisation de 2025-2026, la sole française de blé dur serait descendue à 222 0000 hectares, selon les données prévisionnelles de FranceAgriMer, contre 239 000 hectares en 2024-2025.

Les difficultés se cumulent

Difficultés techniques, climat, volatilité des prix, coûts des intrants, actualités internationales (MACF, etc.) : « Jouer la carte du blé dur dans son assolement est de plus en plus délicat », observe Benoît Piètrement. Paradoxalement, la consommation de pâtes en France continue d’augmenter (+8 % entre 2021 et 2025).

La production de blé dur en 2025 est estimée à 1,3 million de tonnes (Mt) par FranceAgriMer, en hausse par rapport à la récolte de 2024 (1,2 million de tonnes). « On espère que ces 222 000 hectares seront la limite basse », indique Benoît Piétrement. Néanmoins, « les données sur la nouvelle campagne (2026) ne sont pas très optimistes », note-t-il. Sur les régions historiques sud, les aides couplées au blé dur ont encouragé les agriculteurs à semer et les surfaces devraient augmenter. « En revanche sur les autres zones, cela reste compliqué », complète-t-il.

Un plan de souveraineté en trois volets

Pour enrayer ce déclin des surfaces, un plan de souveraineté pour le blé dur a été signé par Marc Fesneau au Salon de l’agriculture de 2024, avec un engagement de l’État à hauteur de 11 millions d’euros (M€). Il s’articule en trois volets : la sécurisation (contractualisation, mécanismes assurantiels), la décarbonation de l’ensemble de la filière (projet Blé Car Dur) et, enfin, la recherche génétique (projet DuraSel).

Sur la partie sécurisation, « les travaux sont en cours, et les résultats de l’étude sont attendus à la fin de l’année 2026 », a indiqué Matthieu Killmayer, animateur de la filière du blé dur chez Arvalis. Le projet Blé Car Dur sur la décarbonation, prévu pour une durée de quatre ans, a été accepté en décembre 2025 mais les semis pour la première année d’expérimentation avaient déjà été anticipés. Le dernier volet pour relancer la recherche génétique devrait quant à lui être signé au prochain salon de l’Agriculture, du 21 février au 1er mars 2026. L’État s’y est engagé en juillet dernier.

De gauche à droite : Benoît Piétrement, président d’Intercéréales, Matthieu Killmayer, animateur de la filière blé dur chez Arvalis et Frédéric Gond, agriculteur et animateur du comité de pilotage de la filière blé dur. (© Justine Papin / GFA)

Une enveloppe rétrécie

L’enveloppe totale du plan, avec la contribution des acteurs de la filière (agriculteurs, instituts techniques, semouliers, pastiers, semenciers…), s’élevait à 43 millions d’euros (M€). Toutefois, contraintes budgétaires obligent, celui-ci a dû être « remodelé » à 28 millions d’euros et l’enveloppe publique de 11 millions d’euros a été rabotée.

L’État a finalement engagé 5,3 millions d’euros : 2,3 millions d’euros sur la partie décarbonation et 3 millions d’euros sur la partie génétique, dont la durée de 6 ans a été réduite à 3 ans. À l’issue de ces 3 ans, 2 millions d’euros supplémentaires devraient s’ajouter. « Cela reste un bel accompagnement de la part de l’État », estime Frédéric Gond, agriculteur et animateur du comité de pilotage de la filière blé dur. La partie assurantielle bénéficie quant à elle d’un soutien de FranceAgriMer à hauteur de 100 000 €.

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