Où en est la « stratégie abattoir » du gouvernement ?
Marie Pochon, députée du groupe Les Écologistes (Drôme), alerte le gouvernement sur la situation critique des abattoirs en France, et par conséquent, sur celle des éleveurs dépourvus de solution d’abattage.
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Marc Fesneau, ancien ministre de l’Agriculture, avait promis un soutien aux structures d’abattage-découpe françaises. En juillet 2023, le ministère annonçait « construire une stratégie territorialisée de gestion des abattoirs de boucherie au bénéfice des filières d’élevage ». Depuis, silence radio.
Les actes ne semblent pas avoir suivi les paroles, et cela n’a pas échappé à la filière d’abattage, qui continue d’appeler à l’aide. En octobre 2025 lors du congrès du syndicat des entreprises françaises de l’abattage-découpe, Culture Viande, son président Yves Fantou confirmait la fermeture de 132 entreprises d’abattage en l’espace d’une année. « On n’a pas besoin d’aide, on a besoin de vaches », martelait-il.
Une stratégie « jetée aux oubliettes »
Marie Pochon, députée Les Écologistes dans la Drôme, prend le sujet à bras-le-corps. Dans une question au gouvernement publiée le 17 février 2026, elle demande « quelles actions seront mises en œuvre par le ministère de l’Agriculture pour sauver et aider à conserver les abattoirs locaux ou mobiles ».
Car pour cette élue, la stratégie abattoir annoncée par le gouvernement « n’a débouché sur aucune action du ministère et semble avoir été jetée aux oubliettes ». Les problèmes sont multiples pour les abattoirs : difficultés de recrutement, investissement pour des mises aux normes, réduction de l’approvisionnement en animaux, etc. Alors, la rentabilité devient utopique.
Les abattoirs luttent pour rester rentables (20/03/2025)
Risque d’être sans solution d’abattage
« La baisse du nombre d’outils locaux d’abattage s’est accompagnée d’une concentration économique et géographique de ce maillon essentiel », insiste la députée. Cela pose la question du temps de travail pour les éleveurs, des frais de déplacement des animaux vers des abattoirs plus éloignés, et du bien-être animal.
« Le temps de travail sur les fermes et l’état des trésoreries sont incompatibles avec ces trajets supplémentaires », souligne Marie Pochon. Pour elle, le risque pour les éleveurs de se retrouver sans solution d’abattage s’accroît. « Les éleveurs et éleveuses […] risquent ainsi de se retrouver dans l’impossibilité de faire abattre leurs animaux et donc de continuer leur activité. »
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