Login

Les viandes limousines labellisées boudées par les acheteurs

Les ventes de viande labellisée veau sous la mère ont continué de reculer en 2025. La filière observe une restructuration vers la production de broutards.

Les viandes limousines sous label rouge et IGP déclarent une perte de 400 points de vente en 2025. La filière du veau sous la mère est particulièrement touchée.

Vous devez vous inscrire pour consulter librement tous les articles.

« Après des années 2023 et 2024 difficiles, l’année 2025 reste dans la même veine, très compliquée », introduit Jean-Marc Escure, directeur de Limousin Promotion, lors d’une conférence de presse tenue ce lundi 19 janvier 2026. Et pour cause, la filière des viandes limousines sous label rouge et IGP a perdu 400 points de vente en 2025. « Les cours de la viande font que des distributeurs se désengagent », explique le directeur. Cela concerne 250 boucheries artisanales et 150 grandes et moyennes surfaces (GMS).

« Il faut augmenter les prix au consommateur »

Les causes de ce désintéressement des boucheries artisanales pour les viandes labellisées sont multiples, mais principalement économiques. Bien que des arrêts d’activité aient lieu comme des départs à la retraite, ce sont surtout les difficultés économiques « qui les amènent à arrêter de travailler des viandes premium ». Du côté des GMS, le choix peut être économique comme stratégique, mais la hausse limitée des prix de la viande dans les étals ne plaide pas en faveur des labels. « Quand [les GMS] n’ont pas voulu, pu ou su, faire évoluer suffisamment leurs prix, alors que le prix de la viande de bœuf a doublé en quatre ou cinq ans… Il serait normal d’avoir plus d’augmentation sur le prix aux consommateurs », s’étonne Jean-Marc Escure. Selon lui, il n’y a plus d’alternative. Il faut augmenter les prix au consommateur final et proposer d’autres choses, comme « des pièces plus petites ».

Dans un contexte sanitaire tendu, les représentants des viandes limousines Label rouge et IGP craignent une défiance du consommateur envers la viande bovine. Jean-Christophe Dufour, vice-président de limousin promotion, veut justement miser sur la traçabilité et le cahier des charges, qui permettraient de rassurer les acheteurs.

Du côté de la production, l’inquiétude reste présente pour les ventes de 2026, en raison du nombre en baisse des points de vente. En 2025, les ventes de bœuf limousin ont reculé de 9,3 %. La production la plus impactée reste le veau sous la mère, à -20,5 % pour le veau du Limousin élevé sous la mère et -11,6 % pour le Label veau élevé sous la mère.

Restructuration de marché

Selon Jean-Christophe Dufour, la filière vit une grosse restructuration de marché. « Aujourd’hui, le prix du maigre explose. L’astreinte du veau de lait est forte, donc cette alternative peut être privilégiée par les éleveurs », explique-t-il. Pourtant, les besoins en trésorerie sont forts pour développer un atelier d’engraissement. « Il y a 2-3 ans, il fallait 1 000 € pour mettre en place un veau chez l’engraisseur, maintenant c’est plus autour de 2 000 € ». La réorientation des éleveurs de veaux sous la mère vers la production de jeunes bovins devra être soutenue par les banques, qui ont « du mal à accompagner l’évolution. Elles ont peur que le prix de la viande en hausse soit une bulle qui ne durera pas. »

A découvrir également

Voir la version complète
Gérer mon consentement