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PAN Europe alerte sur les cocktails de résidus phytos dans les pommes

En septembre 2025, PAN Europe a collecté un échantillon de 60 pommes vendues dans des commerces européens, afin de rechercher des traces de résidus de produits phytosanitaires.

Le collectif constitué de 13 organisations environnementales dénonce « les cocktails de pesticides » accumulés dans les pommes vendues en Europe. La majorité des échantillons sont conformes aux seuils réglementaires. L’Association nationale pommes poires (ANPP) estime qu’il s’agit d’une « manipulation ».

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Dans un rapport publié le 26 janvier 2026, le collectif PAN Europe (Pesticide Action Network), duquel fait partie l’association Générations Futures, alerte sur les « cocktails de pesticides » présents dans les pommes vendues en Europe. « 85 % des échantillons contenaient plusieurs résidus de produits phytosanitaires, s’alarme l’organisation. Certains échantillons contenaient jusqu’à sept résidus de pesticides différents », ajoute-t-elle. Ces résultats sont issus de l’analyse, en laboratoire, d’une soixantaine de pommes achetées de façon aléatoire dans les commerces de treize pays européens, dont en France. Il s’agissait exclusivement de pommes conventionnelles, sur différentes variétés (Golden, Gala, Elstar, Boskoop…).

Parmi les résidus de matières actives les plus fréquemment quantifiés se trouvaient le captane (36 détections, au-dessus de la limite de quantification), le fludioxonil (23), le pirimicarbe (14), le chlorantraniliprole (12) , l’acétamipride (11) et le boscalid (11). PAN Europe relève que 71 % des échantillons contenaient des résidus classés parmi « les plus toxiques » dans l’Union européenne (UE), ceux qui relèvent de la catégorie dite de « candidats à la substitution ». Par ailleurs, 64 % des échantillons présentaient au moins un polluant éternel (PFAS), des substances chimiques très persistantes dans l’environnement.

Non conforme pour les bébés

En revanche, la majorité des échantillons étaient conformes par rapport aux limites maximales de résidus (LMR). Selon le tableau de bord annexé au rapport, seuls deux échantillons dépassaient les seuils réglementaires : un en provenance de Belgique sur le propamocarbe (0,011 mg/kg contre une LMR de 0,1 mg/kg) et un autre en provenance de Hongrie sur le pyriproxyfène (0,08 mg/kg contre une LMR de 0,08 mg/kg).

Mais selon PAN Europe, le consommateur reste exposé à un « effet cocktail » de produits phytosanitaires, lorsqu’il consomme une pomme contenant un mélange de plusieurs résidus. Martin Dermine, l’un des responsables du collectif, reproche ainsi à l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) d’évaluer les produits phytosanitaires séparément et pas l’impact d’une « exposition multiple » à une série de substances. « Dans ce rapport, nous montrons que 85 % des pommes contiennent plusieurs résidus et nous ne savons pas si leur consommation est sans danger ou non », affirme-t-il, mentionnant de potentiels risques de cancers ou d’infertilité.

Le collectif assure aussi que 93 % des échantillons auraient été non conformes s’ils avaient été destinés au secteur de l’alimentation infantile. En effet, la législation européenne est plus stricte à l’égard des produits destinés aux bébés et jeunes enfants afin de protéger leur développement. Les LMR sont dans la plupart des cas fixées à 0,01 mg/kg.

Faire du « sensationnel »

Contacté par l’AFP, Pierre Venteau, directeur de l’Association nationale pommes poires (ANPP), a contesté une « manipulation » pour faire du « sensationnel » avec ce rapport. « On monte les choses en épingle après cinq prélèvements en France (sur la soixantaine réalisée en Europe par les ONG), dans un lieu anonymisé. On ne connaît rien de la méthodologie, ni si ces pommes dépassent les limites maximales de résidus de pesticides autorisés », a-t-il critiqué.

« Nous, nous faisons 2 000 screenings (tests) par an chez nos producteurs et on n’a pas de non-conformité », a-t-il affirmé. Quant à l’effet cocktail potentiel, « laissons les scientifiques chercher ».

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