Le Modef réclame un changement de cap pour sauver « les petites fermes »
Reçu par la ministre de l’Agriculture ce lundi 12 janvier 2026, le Modef a défendu « les petites exploitations » à travers de trois sujets : la stratégie sanitaire contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), l’accord avec le Mercosur, et la future Pac.
Vous devez vous inscrire pour consulter librement tous les articles.
Alors que le secteur de l’élevage est confronté à la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) et que l’accord avec le Mercosur a reçu le feu vert des États membres de l’Union européenne, le Modef a été reçu le 12 janvier 2026 par la ministre de l’Agriculture. L’occasion pour le syndicat de porter à Paris ses revendications auprès de l’exécutif, dans le prolongement des discussions engagées la semaine dernière entre les autres organisations et le Premier ministre. Loin du terrain institutionnel, le Modef des Landes aux côtés de la Confédération paysanne et du syndicat basque ELB a de son côté participé le même jour au blocage de Maïsaca au port de Bayonne pour protester contre la signature annoncée de l’accord avec le Mercosur et l’abattage total des troupeaux infectés par la DNC.
DNC : en finir avec l’abattage total
Le Modef ne décolère pas face au protocole sanitaire mis en place pour éradiquer la dermatose nodulaire. « Nous avons essayé de pousser la ministre dans ses derniers retranchements, pour qu’elle admette que le protocole mis en place est inhumain et qu’il faut trouver d’autres solutions que l’abattage total », explique Frédéric Mazer, coprésident du syndicat à la sortie du rendez-vous avec Annie Genevard. Le syndicat défend « un abattage ciblé des animaux infectés en fonction de leur état clinique et du risque de propagation de la maladie ».
Pour protéger le cheptel avant la reprise d’activité des insectes au printemps, le Modef propose une « ceinture vaccinale » sur le Massif central. Le syndicat avance qu’il est le seul à défendre cette stratégie : ne vacciner que le cheptel souche (vaches, taureaux et génisses de renouvellement). Selon lui, cette mesure permettrait de protéger les reproducteurs tout en laissant les animaux à l’engraissement libres de circuler pour la commercialisation, évitant ainsi de paralyser l’économie des exploitations, explique le Modef. Pour faciliter le suivi sanitaire, il propose également que chaque animal soit identifié dans les demandes d’autorisation de transhumance.
Refus de l’accord avec le Mercosur
Le Modef a maintenu durant cet entretien son opposition à l’accord avec le Mercosur et à « la politique ultralibérale du président de la République depuis 2017 qui n’a jamais pris de position ferme contre cet accord ». Au-delà du seul accord avec le Mercosur, le syndicat s’oppose « à la mise en concurrence de l’agriculture sur le marché international ».
Plutôt que la compétition internationale, le Modef préfère « des accords de coopération entre les peuples ». Il estime que l’agriculture doit être déclarée d'« intérêt public » pour être extraite des seules logiques de marché.
Pour une Pac plafonnée à l’actif
La future Pac figurait parmi les sujets évoqués avec Annie Genevard rue de Varenne (la rue où est installé le ministère de l’Agriculture à Paris). Le Modef a défendu une nouvelle redistribution des aides de la Pac « pour ne pas léser les plus petites exploitations », et des aides ciblées pour les filières dont la production ne serait pas suffisante pour assurer la souveraineté alimentaire du pays.
Concernant plus spécifiquement la redistribution des aides, le Modef propose un plafonnement des aides à 50 000 € par actif. « L’objectif est de favoriser les fermes familiales riches en main-d’œuvre plutôt que l’agro-industrie », argumente Frédéric Mazer. Le syndicat défend également une augmentation des aides couplées, notamment animales en faveur des bovins à viande.
Des propositions que le syndicat espère à nouveau défendre lors d’un prochain rendez-vous avec la ministre spécifiquement sur les propositions françaises pour la nouvelle Pac. C’est ce qu’aurait promis Annie Genevard, selon le Modef.
Pour accéder à l'ensembles nos offres :