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Engrais : la « taxe carbone » ne serait finalement pas suspendue, selon la FNSEA

Les associations spécialisées « grandes cultures » de la FNSEA déplorent la position de la présidente de la Commission européenne, qui souhaite selon elles maintenir le MACF.

Selon les associations spécialisées « grandes cultures » de la FNSEA, la suspension de la « taxe carbone » sur les engrais, n’est plus à l’ordre du jour au niveau européen. Ce que regrettent amèrement les syndicats, déçus par ailleurs sur d’autres sujets. Ils envisagent un nouvel appel à manifestation.

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Contrairement à ce qui avait été envisagé il y a quelques semaines, la suspension rétroactive du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF), qui s’applique sur certains engrais, n’est plus à l’ordre du jour. C’est ce qu’ont amèrement regretté les associations spécialisées « grandes cultures » de la FNSEA (1) le 24 février 2026 en fin de journée au Salon international de l’Agriculture.

Les représentants syndicaux relayent des éléments que leur ont présentés le président de la République, Emmanuel Macron, et le Premier ministre, Sébastien Lecornu, lors d’échanges ces derniers jours, qu’ils qualifient « d’extrêmement tendus ».

Selon Eric Thirouin, président de l’Association générale des producteurs de blé (AGPB), les négociations tenues au niveau européen ces deux derniers mois sur le sujet n’ont pas abouti. La Commission européenne avait proposé un texte offrant la possibilité de suspendre le dispositif, mais la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, ne souhaite finalement pas rendre cette option possible selon les syndicats. Un mécanisme de « compensation » serait à l’étude par les autorités françaises, mais ni sa forme ni son montant ne sont définis.

Une confiance qui « s’érode »

« Aujourd’hui le surcoût représente 13 €/t de blé, estime Eric Thirouin. En 2035, cela représentera entre 20 et 25 €/t.» Un montant du même ordre de grandeur que les aides Pac actuelles, appuie-t-il.

Autre « rendez-vous manqué » selon les syndicats : le manque d’éléments sur le contenu de la loi d’urgence agricole, qui a par ailleurs été « débaptisée « loi de simplification » », selon Eric Thirouin. Les associations fustigent également un effet d’annonce sur le moratoire sur l’eau, qui ne serait pas suivi d’effet concret sur le terrain.

La confiance envers les pouvoirs publics « est en train de s’éroder », résume Geoffroy d’Evry, président de l’Union nationale des producteurs de pommes de terre (UNPT). Dans ce contexte, les syndicats envisagent de nouveaux appels à manifestation.

(1) Association générale des producteurs de blé (AGPB), Association générale des producteurs de maïs (AGPM), Confédération générale des planteurs de betterave (CGB), Fédération française des producteurs d’oléagineux et de protéagineux (Fop), Union nationale des producteurs de pommes de terre (UNPT)

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