Dermatose : le Parlement pointe des fragilités dans la stratégie sanitaire
Contrôle des mouvements, maillage vétérinaire, investissement dans la recherche… L’office parlementaire des choix scientifique et technique publie des préconisations face à la gestion de crise sanitaire française.
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La gestion de la crise de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) en 2025 a suscité de vives manifestations en France. À la suite d'une audition parlementaire d’experts en charge de la stratégie sanitaire et scientifique appliquée, l’office parlementaire des choix scientifiques et techniques (Opesct) dresse un bilan de la gestion de crise et propose des recommandations.
Bien que la gestion de crise française ait fait preuve de « réactivité et d’efficacité globale », l’Opesct insiste sur « plusieurs vulnérabilités », dans son rapport rendu le 29 janvier 2026. D’abord, le système de surveillance est jugé « trop dépendant de la vigilance des éleveurs ». Le contrôle des mouvements d’animaux n’est pas facilement assuré, et les tests de dépistage sont inefficaces sur des animaux asymptomatiques. Le rapport souligne également « une protection vaccinale incomplète, ainsi que des fragilités structurelles du maillage vétérinaire et de la recherche en santé animale ».
« Imposer le respect du protocole »
D’abord, l’organisation parlementaire suggère une continuité dans la « pédagogie auprès du grand public et des éleveurs » concernant le contexte et la pertinence du protocole appliqué. « Confrontés à la désinformation amplifiée par les réseaux sociaux, les pouvoirs publics rencontrent des difficultés croissantes à délivrer une information objective ».
En parallèle, il est indispensable d’imposer le respect de ce protocole, notamment s’agissant de mouvements d’animaux. Entre autres, l’audition parlementaire a pointé du doigt le transport illégal d’animaux, responsable des cas de dermatose survenus en Occitanie. L’Opesct encourage une sanction du non-respect du protocole ainsi que, en parallèle, un renfort de traçabilité de la circulation des animaux. « Il convient de s’assurer que la réglementation est bien respectée à travers des contrôles inopinés et la mise en place d’outils informatiques pour simplifier les processus. »
Vers une relocalisation de l’engraissement
La structuration des filières est une partie intégrante de la multiplication des flux d’animaux, ce qui fragilise le système face aux crises qui « risquent de se multiplier ». L’organisation parlementaire pose alors la question d’une « relocalisation de la filière d’engraissement » des broutards, dans une logique de réduction des mouvements d’animaux.
L’Opesct préconise également un investissement renforcé dans la recherche au sujet des maladies. Connaissance, dépistage, suivi… L’audition parlementaire reflète un gros manque de moyens en ce qui concerne la santé animale.
Enfin, le rapport recommande d’assurer « un maillage territorial rural des vétérinaires », jugé insuffisant. C’est un élément clé dans la détection rapide des maladies mais également dans les relations avec les éleveurs. « Les tensions les plus grandes ont souvent été relevées dans les zones dans lesquelles la densité en vétérinaires est la moins élevée », appuie le rapport.
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