Les mesures annoncées par le gouvernement n’apaisent pas la colère agricole
Dermatose nodulaire contagieuse (DNC), taxe sur les engrais ou encore Pac, vendredi 9 janvier 2026, lors d’une conférence de presse, Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, a fait plusieurs annonces. Trois jours après son discours, les syndicats agricoles français font part de leurs réactions à La France Agricole.
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Après une semaine d’intenses mobilisations, les manifestations d’agriculteurs continuent. Pour la plupart des syndicats agricoles français, les dernières réponses du gouvernement à la crise agricole ne sont « pas satisfaisantes ». Vendredi 9 janvier 2026, à l’occasion d’une conférence de presse, la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a annoncé des « mesures fortes en faveur du monde agricole ». Ces engagements ne semblent pas apaiser la colère agricole.
Le Gouvernement mobilise 300 millions d’€ pour soutenir les agriculteurs.
— Annie Genevard (@AnnieGenevard) January 10, 2026
Face aux crises sanitaires, économiques et climatiques, nous agissons avec des mesures concrètes et immédiates, pour protéger les filières et préparer l’avenir.
👉 DNC : vaccination massive (déjà 87% des…
Ce lundi 12 janvier 2026, de nouvelles mobilisations menées par différents syndicats agricoles ont lieu partout en France. Au cœur du mécontentement des agriculteurs figure notamment l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les États du Mercosur ou encore la gestion gouvernementale de l’épidémie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Reçue sur BFMTV, la ministre de l’Agriculture a déclaré que les revendications des agriculteurs étaient « légitimes ». « Nous les entendons au plus haut niveau du gouvernement », ajoute-t-elle.
« Le gouvernement et le président de la République n’ont pas fait suffisamment le job »
Malgré ces paroles, Nicolas Fortin, secrétaire national de la Confédération paysanne se dit « complètement insatisfait » des mesures présentées par la ministre. « Sur le Mercosur, on a eu aucune annonce, affirme le représentant syndicat. L’accord a obtenu le feu vert de l’Union européenne malgré l’opposition de la France. J’estime que le traité est passé car le gouvernement et le président de la République n’ont pas fait suffisamment le job. »
Selon le membre du troisième syndicat agricole français, « on ne donne pas les bonnes réponses au monde agricole ». Nicolas Fortin déplore le « manque de cap » de la part du ministère de l’Agriculture. Sur cet aspect, Jeunes agriculteurs (JA) s’aligne sur le point de vue de la Confédération paysanne.
« On a besoin d’actions effectives, sans ça la colère ne sera que gérée et pas solutionnée »
Maxime Buizard-Blondeau, vice-président de JA, reproche au gouvernement ne « pas assez écouter les alertes des agriculteurs », « de peu anticiper » et « d’apporter des réponses souvent insuffisantes ». « Dans le contexte actuel, on a besoin d’actions effectives, sans ça, la colère ne sera que gérée et pas solutionnée », renchérit-il.
Ainsi, pour se faire entendre, ce lundi 12 janvier 2026, au Havre (Seine-Maritime), environ 150 manifestants JA avec ont mené une opération de contrôle de camion. Ils ont notamment bloqué le passage des aliments qui ne respectent pas les réglementations sanitaires et environnementales imposées aux producteurs français et européens.
Dans le nord de la France, ce lundi, des agriculteurs sont aussi mobilisés. Au péage de Setques (Pas-de-Calais), sur l’A26, des barrages filtrants ont été mis en place. Près de 80 manifestants et une quarantaine de tracteurs étaient présents. « On attend avec impatience que le budget 2026 soit voté, insiste Jean-Pierre Clipet, secrétaire général de la FDSEA du Pas-de-Calais. Les agriculteurs ont besoin de réponses concrètes. »
Par exemple, alors que le débat sur la pétition contre la loi Duplomb à l’Assemblée nationale est reporté à février, le représentant FDSEA attend avec impatience que des décrets d’application soient publiés. Lors de son discours, la ministre de l’Agriculture a annoncé que certains d’entre eux seront rendus officiels « avant la fin janvier ». Parmi eux, les décrets concernant le relèvement des seuils d’autorisation environnementale des bâtiments d’élevage se font particulièrement attendre.
« Il n’est pas question de lâcher le morceau »
Au sujet de l’épizootie de DNC, vendredi 9 janvier 2026, Annie Genevard s’est félicitée que « depuis six jours, aucun foyer n’a été détecté ». D’après la ministre, l’épizootie est « sous contrôle ». 85,5 % du cheptel des dix départements du Sud-Ouest sont vaccinés %, soit 638 952 bovins. Afin de « préparer l’avenir », elle a précisé qu’une mission scientifique, pilotée par le Cirad, travaillera à l’évolution du protocole sanitaire. « Quand l’immunité collective sera atteinte, si un nouveau cas se présente, il faut qu’on puisse voir si le protocole sanitaire peut être allégé », a-t-elle mis en avant.
Pour Éloi Nespoulous, président de la Coordination rurale d’Occitanie, mettre en place un nouveau protocole serait du « bon sens ». « S’il n’y avait pas eu d’abattage total systématique, le syndicat ne serait pas allé jusqu’à Paris pour manifester et faire pression sur les politiques. » Malgré quelques mesures satisfaisantes, à l’avenir, le représentant syndical appelle à « plus de compromis » de la part du gouvernement.
Du côté du mouvement de défense des exploitants familiaux (Modef), reçu par la ministre Annie Genevard ce lundi 12 janvier, « il n’est pas question de lâcher le morceau ». « On est face à l’une des plus grosses crises agricoles de notre histoire, fustige Fabien Marcilloux, coprésident de la section élevage du syndicat. Il ne faut pas hésiter à se mobiliser. »
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