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« J’ai vendu mon élevage pour me préserver et protéger ma famille »

Gwladys Galeron a décidé de quitter l'agriculture malgré l'amour pour ses chèvres.

Gwladys Galeron a élevé ses chèvres dans les Bouches-du-Rhône avec dévotion. Huit ans plus tard, d’importantes difficultés financières l’ont poussée à faire un choix. Son travail ou son bien-être. Sa décision prise, elle a pu rebondir rapidement malgré le deuil d’une passion et la perte de son troupeau. Elle raconte.

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« C’est encore douloureux lorsque je repense à mes années d’élevage, se souvient Gwladys Galeron. J’ai donné toute mon énergie pour y parvenir. Tout mon amour pour mes cinquante chèvres. D’autant que je ne suis pas issue du milieu agricole. J’ai dû puiser dans mes fonds propres pour tout créer. J’ai acheté mes 2,3 ha, mes serres d’élevage, mon atelier de transformation fromagère. Je faisais tout sur place, sauf le foin pour mes bêtes, avec ma maison sur mes terres, mon mari et mes trois enfants. J’ai adoré mon métier. J’ai adoré cette vie. »

« J’ai dit stop, ça suffit ! »

« Mais en huit ans, j’ai eu le temps de déchanter. Pendant le Covid, un souci de santé m’a immobilisée quinze jours. Ça a été le premier signal d’alerte concernant la poursuite de mon activité. S’il m’arrivait quelque chose, qui s’occuperait de mes chèvres ? Embaucher un salarié était trop cher. À l’époque, j’ai pensé à arrêter. Mais je n’ai pas trouvé de repreneur travaillant comme moi. Mes chèvres étaient comme mes bébés, elles avaient toutes un prénom. Alors j’ai continué. »

« Le temps a passé et je ne m’en sortais pas financièrement. J’arrivais à me dégager 500 euros par an. Mon mari assurait le reste. Pourtant, je vendais tous mes fromages. Un jour de mistral, ma bâche s’est fendue en deux. Il fallait la remplacer pour conserver mon foin, sauf que les aides arrivent toujours plus tard. Cet épisode m’a tuée. Je n’en pouvais plus. J’ai dit stop, ça suffit ! Ma famille ne pouvait plus pâtir de mon métier. Et moi non plus. Il faut savoir arrêter avant de sombrer. »

« Je suis partie pour une nouvelle aventure ! »

« Ma décision était prise. En mars 2025, j’ai vendu mes serres, mon atelier et mes chèvres, avec un gros pincement au cœur. J’ai quand même gardé Loulette, Pénélope et Samy, la préférée de mon fils. Mon métier, je l’aime toujours. Je ne l’ai pas quitté par dégoût, mais pour des raisons familiales et financières. Pour me préserver et protéger ma famille. C’était un choix nécessaire. J’ai réussi à faire le deuil rapidement, j’ai rebondi, je ne me suis pas laissée aller. C’est une force que j’ai. »

« Très vite, j’ai trouvé un poste comme salariée dans une chèvrerie. Mais je n’ai pas donné suite. Et un jour, sur la route pour amener mes chèvres à la vente, j’ai croisé un ami à la station-service. On a discuté de mon avenir, de mes doutes. Il m’a parlé des avantages de son métier. Il est conducteur de trains. »

« Nos échanges m’ont trotté dans la tête. Je n’ai pas dormi. J’étais triste d’avoir définitivement quitté mon métier, et galvanisée par l’idée d’avoir un travail avec une sécurité de l’emploi et un salaire qui ne réclamerait plus que je demande de l’argent à mon mari pour ceci ou cela. »

« J’ai senti que c’était fait pour moi. Que j’y serai sereine. Ça a été le parcours du combattant, mais depuis octobre dernier, je suis une formation de conductrice de trains. Et j’en suis ravie. C’est un nouvel univers où il faut tout réapprendre. Ça fait peur, mais c’est aussi stimulant. Je suis partie pour une nouvelle aventure et j’y vais à fond. »

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