Le collectif Nourrir propose sa propore « loi d’urgence agricole »
Le collectif d’ONG et syndicats Nourrir a présenté ce 24 février 2026 au Salon de l’agriculture une proposition de loi agricole afin de répondre à la crise que traverse le secteur, avec des mesures qu’il souhaite à contre-courant de la politique gouvernementale.
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L’organisation, qui réunit notamment le syndicat Confédération paysanne, les ONG Foodwatch ou encore Greenpeace, propose sept articles de loi reposant sur trois piliers : « protéger le revenu des agriculteurs », préserver la qualité « de l’eau » et « des ressources naturelles », et renforcer « le droit des citoyens » pour « une alimentation saine et durable ».
Mettre fin à « la mise en compétitions des paysans »
Cette proposition, présentée au Salon de l'agriculture ce 24 février 2026, est motivée par la « crise agricole permanente » qui traverse le secteur « depuis plus de trois ans », a expliqué lors d’une conférence Julie Maisonhaute, de Nourrir, listant « le nombre de fermes qui diminue », les « départs à la retraite non remplacés » et « l’impossibilité de vivre de son métier » pour les agriculteurs.
Nourrir souhaite notamment les « protéger des prix abusivement bas » , grâce à une évaluation fondée « sur les indicateurs de coûts de production, reconnus et publiés au niveau national ». Une manière de mettre fin à « la mise en compétitions des paysans » qui « a pour effet de tirer toujours plus les prix vers le bas », explique Thomas Gibert, de la Confédération paysanne, qui souhaite que l’agriculture « cesse enfin d’être le seul secteur où il est autorisé de vendre à perte ».
« On a besoin de protéger la ressource »
Le collectif veut également mieux « protéger » la « qualité » des facteurs de production de l’agriculture, à commencer par les ressources naturelles. « La souveraineté alimentaire de la France ne repose pas uniquement sur des volumes de production, mais avant tout sur la préservation de son capital naturel », explique-t-il.
« On a besoin de protéger la ressource et non de la mettre en danger », insiste Julien Rivoire, de Greenpeace France. Le texte fixe un objectif de 50 % de surfaces exploitées en agriculture biologique d’ici 2038 dans les aires d’alimentation des captages d’eau considérées comme des points de prélèvement sensibles ».
Cette proposition, que le collectif enverra « aux élus » et au ministère de l’Agriculture, se veut en opposition à la politique gouvernementale. Dans son discours inaugural au salon lundi, la ministre de l’Agriculture a mis en avant la « productivité et de la compétitivité » sans aborder la question de l’environnement. La loi d’urgence agricole promise par le Premier ministre face aux manifestations agricoles en janvier abordera les thèmes de l’eau, de la prédation du loup et des « moyens de production » (produits phytosanitaires), pour « faciliter » le travail des agriculteurs.
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