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Faire participer les transformateurs aux efforts de recherche en blé tendre

François Desprez, vice-président de Semae, estime que le modèle de financement de la recherche variétale qui a été trouvé en blé dur, impliquant les industriels, pourrait « permettre d’ouvrir la voie pour les autres céréales à paille ».

Si le budget de recherche a atteint 13 % du chiffre d’affaires des semenciers en moyenne en 2025, ce montant grimpe à 28 % pour les céréales à paille et protéagineux. Beaucoup trop pour François Desprez, président du groupe Florimond Desprez, qui souhaite que les transformateurs de l’aval mettent la main au portefeuille.

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La part du budget en recherche et développement dans le chiffre d’affaires des entreprises semencières a retrouvé son niveau d’il y a dix ans pour atteindre 13 % en moyenne, soit 450 millions d’euros (M€). C’est l’un des enseignements de l’« enquête structure quinquennale du secteur semences et plants » réalisée en 2025 par Semae et présentée le 25 février 2026 lors d’une conférence de presse au Salon de l’agriculture.

Multiplié par deux en vingt ans

« Ce budget recherche a plus que doublé en vingt ans et varie selon les espèces », a présenté Franck Prunus, directeur des services à la filière chez Semae. Il atteint ainsi 139 M€ pour le maïs, soit 11 % du chiffre d’affaires, 127 M€ pour les potagères (20 %), 76 M€ pour les céréales et protéagineux (28 %), 65 M€ pour les oléagineux et plantes à fibre (7 %), 27 M€ pour les betteraves (13 %).

Les participants à la table ronde de Semae le 25 février au Sia ont présenté les moyens pour continuer à déployer l’innovation au sein de la filière. De gauche à droite : Guillaume Gandon, vice-président de la CGB, Vincent Béguier, directeur général d’Agri-Obtentions (filiale de l’Inrae), François Desprez, président du groupe Florimond-Desprez, Pascal Giraudeau, sélectionneur blé chez Secobra Recherches, et Franck Prunus, directeur des services à la filière chez Semae. (© Isabelle Escoffier)

« Les résultats de l’enquête sont réconfortants dans la mesure où ils montrent qu’après un petit tassement dans le rythme de progression des dépenses de recherche, nous sommes collectivement repartis de l’avant, a commenté François Desprez, président du groupe Florimond-Desprez et vice-président de Semae. Cela est lié au fait que, plus que jamais, l’amélioration des plantes fait partie des solutions face au changement climatique et à la réduction des intrants. Cela nécessite des investissements massifs dans nos entreprises. »

Risques pour la pérennité économique

Mais il alerte : « La part d’investissement de 28 % du chiffre d’affaires dans les céréales à paille et les protéagineux est inquiétante. C’est beaucoup trop et ce n’est pas une solution pérenne pour l’équilibre économique des semenciers. Cela impose dans les entreprises un choix sur les objectifs de création variétale et sur les espèces sélectionnées. On attend pour des raisons agronomiques une diversification des assolements, mais il faut accepter aujourd’hui que tous les industriels des semences ne sont pas capables de sélectionner des espèces comme le petit épeautre, le sarrasin… ».

Ouvrir la voie

Selon François Desprez, il y a deux solutions :

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