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Au Sénat, le patron de la centrale d’achat Everest critique à nouveau Lactalis

À la suite d'échanges direct avec l'Unell, l'association d'organisations de producteurs livrant à Lactalis, le patron de la centrale d'achat Everest s'était engagé à ne pas baisser les commandes de produits laitiers Lactalis issus à 100 % de lait français.

Auditionné par les membres de la commission d’enquête sénatoriale sur les marges des instrustriels et de la grande distribution, le PDG de la centrale d’achat européenne Everest a réitéré ses reproches à l’encontre de Lactalis, dénonçant des méthodes « agressives » du géant laitier.

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Les sénateurs de la commission d’enquête sur les marges des industriels et de la grande distribution ont poursuivi, mardi 24 février, leurs auditions en interrogeant l’italien Gianluigi Ferrari, le patron de la centrale d’achat européenne Everest, dans un contexte de tensions dans les négociations commerciales 2026 et de passe d’armes entre Lactalis et la centrale d’Intermarché et Auchan.

Interrogé spécifiquement sur ce conflit, Gianluigi Ferrari a renouvelé ses critiques qu’il avait faites à l’encontre du géant laitier, l’accusant « d’instrumentaliser le prix du lait ». « Lactalis est un fournisseur extrêmement dur et extrêmement agressif », a-t-il répondu à la rapporteure Antoinette Guhl. « Il n’y a aucune menace. Et nous ne procédons à aucun déréférencement. »

« Dans notre négociation, on fixe un planning. On le communique au fournisseur quatre à six semaines en avance. Si on ne trouve pas d’accord à la date butoir fixée, on réduit temporairement les volumes d’achat. Ce n’est pas une menace », a-t-il poursuivi.

Et le patron d’Everest de détailler la chronologie des négociations. « Pour respecter la date butoir, on demande les prix à nos fournisseurs entre août et septembre. La loi française exige qu’on reçoive les CGV (Conditions générales de vente, NDLR) au plus tard le 1er décembre. Mais au plus tard ne veut pas dire que je dois les recevoir la nuit qui précède le 1er décembre. »

Durant son audition, Gianluigi Ferrari a suggéré d’élargir le planning des négociations, arguant son impossibilité de négocier avec une cinquantaine de fournisseurs en même temps en seulement quelques jours. « Nous avons précisément demandé les CGV de Lactalis le 7 octobre. Nous les avons reçues le 1er décembre. Nous n’avons pu commencer à négocier qu’à partir de ce 1er décembre. Nous leur avons ensuite demandé, mi-décembre, qu’on puisse trouver un accord pour le 8 janvier 2026. Mais Lactalis nous a envoyé une proposition globale la veille de cette date. » Une proposition, selon lui, « impossible à traiter ». Gianluigi Ferrari critique ainsi une « attitude clairement instrumentale (sic) visant à ne pas trouver d’accord. »

De son côté, la Fédération nationale de l’industrie laitière (Fnil) avait, dans la même ligne que Lactalis, dénoncé, le mépris total des centrales d’achat en général, et d’Everest en particulier, envers les régulations françaises.

Des échanges directs avec les organisations de producteurs

Aux sénateurs membres de la commission d’enquête, le président de la centrale d’achat a également expliqué que ses équipes avaient, en parallèle, « échangé à plusieurs reprises » avec les représentants de l’Unell (l’union nationale des éleveurs livrant à Lactalis) pour « mieux comprendre le marché du lait en France et l’accord qu’ils avaient pris [avec Lactalis], et pour essayer de les soutenir le plus possible ».

Contactée par La France Agricole, Delphine Macé, la présidente de l’Unell, confirme la tenue de ces échanges. « La centrale s’est engagée à ne pas baisser les commandes sur les produits Lactalis contenant 100 % de lait français. Mais on se doutait que cela ne concernerait pas tous les produits. »

Avant même la fin des négociations dimanche 1er mars, Gianluigi Ferrari l’assure : « l’accord trouvé avec Lactalis respecte à 100 % le prix du lait négocié entre les producteurs et Lactalis. »

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