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Tuberculose bovine : l’abattage sélectif complique la gestion du lait produit

En Normandie, la recrudescence de la tuberculose bovine cause des soucis de gestion du lait qui continue d'être produit dans les élevages en abattage sélectif.

Alors que les cas de tuberculose bovine s’intensifient en Normandie, la filière laitière pointe les difficultés dans la gestion du lait qui continue d’être produit par les exploitations en protocole d’abattage sélectif. Les transformateurs impliqués jouent leur statut d’exportateur.

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Quand un élevage est atteint par la tuberculose bovine, les éleveurs peuvent désormais se tourner vers l’abattage sélectif s’ils sont éligibles au dispositif. Dans un contexte de recrudescence des cas en Normandie (six nouveaux cas dans l’Orne et le Calvados depuis la fin de l’année 2025), cette nouvelle réglementation « pose des problèmes de gestion du lait » rapporte la Coopération laitière lors de sa conférence de presse au salon de l’Agriculture le 24 février 2026.

En cas d’abattage partiel, le traitement thermique du lait des vaches qui continuent à produire devient obligatoire pour être commercialisé, la maladie pouvant se transmettre à l’homme. Cette contrainte doit durer tout au long du protocole, parfois pendant plus d’un an. Problème : une entreprise qui pasteurise et transforme du lait issu d’un troupeau infecté perd son statut d’exportateur pour rester dans les clous de la réglementation européenne.

Destruction de lait

Face à cette épée de Damoclès, « certains transformateurs préfèrent détruire le lait acheté » et garder leurs opportunités au grand export, rapporte la Coopération laitière. Mais qui doit en supporter le coût ? « Les coopératives ont le devoir d’être solidaires, mais cela devient compliqué dès lors que ça s’inscrit sur un temps long » estime la directrice de la Coopération laitière Carole Humbert.

Résultat, coopératives et éleveurs se renvoient la balle. Les éleveurs rappellent à leurs acheteurs leur obligation de collecte. Les coopératives demandent des aides à l’État pour compenser ces pertes. Elles estiment « qu’elles n’ont pas à se substituer à l’État » dès lors que cette conséquence découle de la décision d’autoriser l’abattage partiel. La Coopération laitière reproche à l’État son manque de vision et déplore que les protocoles d’abattages partiels soient très longs et compliqués à gérer pour les éleveurs. D’autant plus qu’ils peuvent « mener de toute façon à des abattages totaux ».

La France a comptabilisé 93 foyers de tuberculose bovine en 2025, répartis majoritairement en Nouvelle-Aquitaine, en Corse et en Normandie. Pour garder son statut indemne, le pays doit garder au taux de prévalence de 0,01 %, soit un maximum 135 élevages de bovins sur les 135 000 actuels, selon une information de la Fédération nationale des producteurs de lait.

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