Un courrier de la MSA aux agriculteurs victimes de phytos
La MSA a lancé une campagne d’information auprès des agriculteurs ou retraités reconnus en maladie professionnelle en lien avec les pesticides avant 2020, qu’ils peuvent demander un complément d’indemnisation.
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Surveillez vos boîtes aux lettres. D’après l’association Phyto-Victimes le 3 mars 2026, la MSA a « récemment adressé un courrier à plusieurs centaines d’agriculteurs [indemnisés dans le cadre d’une maladie professionnelle en lien avec les pesticides] pour les informer » du droit au complément d’indemnisation en cas de maladie professionnelle en lien avec les produits phytosanitaires.
255 personnes contactées
La MSA confirme cette information auprès de La France Agricole. Elle a, entre janvier et février 2026 « invité par courrier les 255 personnes indemnisées avant la création du fond […] à demander à bénéficier du complément d’indemnisation ». Un peu plus de la moitié ne se sont pas encore manifestés pour en bénéficier.
Ce droit concerne les agriculteurs, agricultrices ou retraités qui ont fait reconnaître leur maladie professionnelle en lien avec les pesticides (arkinson, hémopathie maligne, lymphome, cancer de la prostate) avant la création du Fonds d’indemnisation des victimes de pesticides (FIVP) en 2020.
Le complément d’indemnisation, qui constitue jusqu’à 30 % de la rente pour les agriculteurs qui en bénéficient déjà, peut représenter une somme importante. Mais créé par le FIVP en 2020, le complément n’a pas été directement versé aux agriculteurs qui bénéficiaient déjà d’une indemnisation auparavant.
Les agriculteurs devaient spécifiquement réaliser une demande… quand ils étaient au courant que ce droit existait. Depuis plusieurs années, l’association Phyto-Victimes déplorait le manque d’informations et la non-automatisation du versement du complément par la MSA.
Deux ans de complément versés rétroactivement
Le FIVP avait assuré en 2024, que ces victimes « ont toutes été appelées individuellement au moment de la création du fonds pour faire valoir leur droit ». Une information que La France Agricole n’avait alors pas pu vérifier, et démentie par Phyto-Victimes, qui accompagnait alors des agriculteurs qui n’avaient jamais été mis au courant de ce complément avant de s’enregistrer auprès de l’association.
Le complément d’indemnisation sera donc versé aux agriculteurs qui en font la demande avec deux ans d’arriérés. « Les démarches sont toujours à réaliser par la victime », rappelle Phyto-Victimes, qui encourage les agriculteurs à se faire accompagner par l’association pour enclencher des « voies de recours ». Elle estime que les agriculteurs devraient pouvoir en bénéficier dès la création du fonds en 2020, ce qui équivaut à un manque de « plus de quatre ans de non-indemnisation ».
Réévaluer l’incapacité et l’indemnisation
De même, les personnes reconnues en maladie professionnelle il y a longtemps, peuvent avoir vu leur état de santé se dégrader. Dans ce cas, l’indemnisation basée sur le taux d’incapacité fixé à l’époque de la reconnaissance, peut être révisée. « Par exemple, quelqu’un qui a fait reconnaître sa maladie de Parkinson en 2015 a sûrement vu son état de santé se dégrader », explique Antoine Lambert, président de l’association et agriculteur.
« Parfois, ces gens arrivent à l’Ehpad et ont des difficultés à payer les frais, surtout quand on a une petite retraite agricole, poursuit Antoine Lambert. Réviser le taux d’incapacité et l’indemnisation permet de les accompagner et de payer ces frais. »
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