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Mercosur : les syndicats agricoles saluent leur « victoire »

La France a salué le vote du Parlement européen qui a voté la saisine de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE).

Des syndicats agricoles au gouvernement, la France a salué le vote du Parlement européen en faveur d'une saisine de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE). La ratification de l’accord est suspendue. La Commission européenne peut néanmoins mettre en application le traité à titre provisoire.

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Des yeux brillants d’émotion, des hourras : des centaines d’agriculteurs ont laissé éclater leur joie mercredi 21 janvier 2026 devant le Parlement européen à Strasbourg après le vote des eurodéputés visant à saisir la justice sur l’accord commercial signé avec le Mercosur. À seulement dix voix près, les eurodéputés ont accédé à leur demande de solliciter la Cour de justice de l’Union européenne.

« C’est un peu l’euphorie », résume à l’AFP sourire aux lèvres, Romain Blanchard, 44 ans, qui produit du vin et des céréales dans les Bouches-du-Rhône. « Ça s’est joué à pas grand-chose », reconnaît l’agriculteur, visiblement éprouvé par la mobilisation. « On a fait neuf heures de route, on laisse nos fermes, nos familles pour être là », raconte l’exploitant agricole.

« C’est une victoire syndicale énorme »

Devant le Parlement européen, lorsque l’issue du vote a été dévoilée, les manifestants ont exprimé des cris de joie. « C’est une victoire syndicale énorme », a hurlé Hervé Lapie, secrétaire général de la FNSEA. Dans un communiqué de presse publié quelques heures après le choix des parlementaires européennes, le syndicat majoritaire français évoque que « la mobilisation des agriculteurs français et européens a payé ».

« Nous l’avons fait, renchérit Jeunes Agriculteurs. Cette victoire, nous la devons aux milliers de jeunes agriculteurs qui croient encore à l’avenir de nos métiers et ceux qui nous. » Du mardi 20 au mercredi 21 janvier, plus de 7 000 agriculteurs venus de toute l’Europe et près de 1 000 tracteurs ont manifesté à Strasbourg.

Désormais, la vigilance de JA et de la FNSEA se tournerait vers la Commission européenne. Selon eux, « en l’état, toute application unilatérale, même provisoire, de l’accord serait inacceptable ». « Cette victoire est une étape, et non un aboutissement », ajoutent conjointement les deux syndicats.

« Le fruit d’une longue mobilisation agricole nationale »

De son côté, après le vote du Parlement européen en faveur d’une saisine de la CJUE, le gouvernement français met en garde contre un passage en force de Bruxelles sur le Mercosur. Invitée sur Europe1 et CNews, Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, a estimé ce jeudi 22 janvier que si la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, décidait de « passer outre le vote des eurodéputés en imposant une application provisoire », cela constituerait « une forme de viol démocratique ».

Mercredi 21 janvier, tous les eurodéputés français se sont opposés, à l’accord de libre-échange avec le Mercosur. Le scrutin a été serré : 334 voix pour, 324 contre et 11 abstentions. Pour rappel, l’accord commercial avec les pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Uruguay et Paraguay) a été samedi 17 janvier 2026 à Asunción au Paraguay.

« C’est la première fois de l’histoire de l’Union européenne qu’un accord de libre-échange ne recueille pas une très large approbation au sein du Parlement européen, confie dans un communiqué de la Confédération paysanne », affirme Maxime Combes, co-animateur du collectif national Stop-Mercosur.

Si le vote du Parlement européen satisfait la plupart des syndicats agricoles, certaines sections locales, notamment de la Coordination rurale, souhaitent continuer à manifester. Vendredi 23 janvier 2026, dans le sud de l’Aisne, le deuxième syndicat agricole français a lancé un appel à la mobilisation.

En réaction de la suspension de l’accord de libre-échange, la Coordination rurale s’est félicitée, dans un communiqué,  de s’être tant mobilisé ces dernières semaines. « La mobilisation du Parlement européen est le fruit d’une longue mobilisation agricole nationale, menée par nos adhérents et représentants syndicaux, écrit le syndicat. La colère du monde agricole français a contribué à faire évoluer les décideurs européens. »

Pour le Modef, le choix du Parlement européen est aussi une « victoire ». Le syndicat toujours opposé à la ratification du traité de libre-échange UE-Mercosur assure que de leur côté « le combat continue pour protéger notre agriculture familiale et notre souveraineté alimentaire ».

Enfin, la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, est aussi ravie de la décision du Parlement européen de saisir la Cour de justice de l’UE sur l’accord avec le Mercosur. « C’est le combat que je mène depuis plus d’un an maintenant, auprès de toutes les capitales européennes : faire entendre la voix de la France sur ce sujet si important pour nos agriculteurs. »

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