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Les inondations menacent le potentiel des cultures

Les crues et les inondations font souffrir les cultures agricoles.

Entre terres submergées, sols saturés et cultures ravagées, les inondations exceptionnelles de ces derniers jours fragilisent les exploitations agricoles. Ce jeudi 19 février 2026, en raison du passage de la tempête Pedro, le Sud-Ouest et le littoral atlantique subiront de fortes pluies et un violent coup de vent.

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Des champs entiers sous l’eau ou encore des infrastructures endommagées, le monde agricole subit de plein fouet les violentes intempéries de ces derniers jours. Ce jeudi 19 février 2026, selon le ministère de la Transition écologique, cinq départements sont placés en vigilance rouge : la Gironde, le Lot-et-Garonne, la Charente-Maritime, la Loire-Atlantique et le Maine-et-Loire.

Par ailleurs, dix-huit autres se trouvaient en vigilance ce jeudi matin jaune pour vent, vagues-submersion ou avalanches, dans l’Ouest, notamment le long de la façade atlantique, sur le littoral occitan de la Méditerranée et dans les Alpes. Ces conditions météorologiques font craindre d’importantes pertes à de nombreux exploitants agricoles et les empêchent de travailler.

« La plupart des cultures sont touchées »

« Pour le moment, les collègues sont affairés chez eux à pomper toute l’eau qui les inonde, raconte Jérôme Fréville, président de la FNSEA de la Gironde. Aux abords de toute la vallée de la Garonne, tout le monde est sous l’eau. Les surfaces agricoles concernées sont conséquentes. »

Les aléas climatiques de cette fin d’hiver n’épargnent pas les agriculteurs. Les intempéries qui ont traversé le Sud-Ouest la semaine dernière, et les crues généralisées qui ont suivi ont occasionné beaucoup de dégâts chez les agriculteurs. Surtout que dans plusieurs territoires, les sols étaient déjà saturés en eau.

Face aux crues et pluies incessantes, en fonction des cultures, l’impact est plus ou moins grave. « Chez quelques maraîchers, on va se retrouver avec de fortes pertes de récoltes, reprend Jérôme Fréville. Des serres sont souvent parties avec la tempête ou les eaux. Pour les céréaliers, il va falloir retravailler les sols et refaire des semis pour des exploitations qui sont déjà en difficulté économique. »

« Nous ne pouvons pas encore donner de chiffres pour le moment. Il va d’abord falloir avoir la connaissance exacte des surfaces agricoles impactées », considère Jérôme Fréville. Céréales d’hiver, pépinières ou encore maraîchage, selon le représentant syndical local, « la plupart des cultures sont touchées. Une chose est sûre, ça va continuer encore une fois de plus à mettre au fond du trou », ajoute-t-il.

« Les surfaces sont sous l’eau depuis trop longtemps »

À Saint-Louis-de-Montferrand, près de la Garonne, Xavier de Saint-Léger, céréalier, a perdu 50 % de ses 35 hectares d’orge d’hiver. « On a mis en place des systèmes de pompage mais cela n’a pas suffi. Les surfaces sont sous l’eau depuis trop longtemps », relate-t-il.

« Pour le moment, dans le village, on est victime de l’excès de pluviométrie mais pas encore de la submersion des digues. Ce jeudi 19 février 2026 au soir, en raison de la tempête Pedro, potentiellement, si une digue lâche je crains qu’il y ait des dégâts plus importants sur mes terres. »

L’agriculteur précise être assuré mais avec les cours des céréales qui ne sont « pas suffisamment bons depuis plusieurs années » les conséquences des intempéries pourraient fortement mettre à mal ses comptes.

Plus largement, sur l’ensemble du territoire français, après 35 jours de pluie consécutifs, plus longue période de précipitations depuis le début des mesures en 1959, le passage de Pedro, « tempête hivernale non exceptionnelle », a incité Météo-France à la prudence, ses « fortes rafales de vent intervenant sur des sols très humides et faisant suite au passage récent de deux tempêtes ».

Après le passage de cette tempête, « à partir de vendredi 19 février, on a un temps plus sec qui devrait se mettre en place sur les régions fortement touchées par les intempéries », mais « l’arrêt des pluies ne signifie pas l’arrêt des crues », « il n’y a pas de retour à la normale prévu avant plusieurs jours », a averti la directrice de Vigicrues, Lucie Chadourne-Facon.

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