Après le passage de la tempête Nils, l’épisode pluvieux n’est pas terminé. Selon Vigicrues, de nouvelles précipitations, particulièrement importantes sur les Pyrénées, sont attendues sur le sud-ouest ce lundi et « une reprise de la hausse des niveaux est prévue. […] La baisse actuelle des niveaux d’eau est donc temporaire. » L’institut ajoute dans son bulletin de 6h du lundi 16 février 2026 que « la situation sur la Garonne en aval d’Agen est à suivre particulièrement ».

La Gironde et le Lot-et-Garonne toujours en vigilance rouge aux risques de crues

Concernant le risque de crues, la Gironde et le Lot-et-Garonne restent en rouge tandis que 14 départements du sud et de l’ouest de la France sont maintenus en vigilance orange. Quatre départements sont en outre en vigilance orange pluies-inondations pour toute la journée de lundi : l’Ariège, la Haute-Garonne, les Pyrénées-Atlantiques et les Hautes-Pyrénées.

La Garonne, dont la forte crue a atteint un « plateau » dimanche, a été maintenue en vigilance rouge face à de nouvelles intempéries redoutées cette semaine. Après une succession de perturbations, dont la violente tempête Nils jeudi 12 février, la relative accalmie de samedi a permis de stabiliser le niveau de certains tronçons du fleuve, ont annoncé les préfectures concernées. Mais le retour d’un temps humide fait craindre une remontée du niveau des cours d’eau.

En Charente-Maritime, la crue de la Charente, placée en vigilance orange, prend de l’ampleur : lundi soir à Cognac, puis à Saintes jeudi, elle pourrait dépasser celle de 1994 et se rapprocher de la crue centennale de 1982, selon la préfecture du département.

Si les vigilances orange avalanches dans les Pyrénées doivent être levées lundi après-midi, elles seront maintenues dans les départements de Savoie, Haute-Savoie et Isère jusqu’à mardi 10h du matin.

Des pluies plus intenses et fréquentes

« On ne peut pas simplifier en disant que c’est le changement climatique qui génère ces inondations » actuelles mais « le réchauffement amplifie ces inondations : il rajoute de l’eau qui tombe et de l’eau qui déborde », explique à l’AFP Pierre Brigode, hydrologue à l’Ecole Normale Supérieure de Rennes et à l’Université de Rennes.

Selon les scientifiques du Giec, les précipitations vont devenir plus fréquentes et plus intenses en raison de l’évolution du climat, ce qui augmentera les inondations au niveau local. Chaque hausse de 1°C des températures entraîne 7 % d’augmentation de l’humidité de l’atmosphère, selon la formule de Clausius-Clapeyron, bien connue des météorologues. "Statistiquement, on est en train de vivre ce qui est le futur, c’est-à-dire des hivers plus humides et donc plus d’inondations », souligne Pierre Brigode.

Au milieu du siècle, il faut aussi s’attendre à une « augmentation des pluies intenses (+ 10 %) renforçant le risque d’inondations par ruissellement pour lequel 17 millions de Français sont exposés », souligne Météo-France.