Comment désherber des betteraves tolérantes au Conviso One
Dans des parcelles souvent sales, la technologie Smart utilisant des variétés de betteraves sucrières résistantes peut être une alternative aux programmes conventionnels. Moyennant certaines limites.
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Selon les enquêtes réalisées en région par l’Institut technique de la betterave (ITB), entre 10 et 20 % des parcelles de betteraves sucrières sont jugées chaque année comme ayant eu un désherbage non maîtrisé ou insuffisant. « Cela induit des difficultés de récolte, des soucis au niveau des sucreries et un impact sur le rendement lorsqu’on n’a pas accès à l’irrigation », soulève Pierre Houdmon, responsable régional pour la délégation du Centre-Val de Loire. Les adventices les plus observées sont les chénopodes, les chardons et les graminées, en particulier le ray-grass.
Faire durer les solutions
Dans ces situations difficiles ou à répétition, l’ITB recommande de s’orienter vers la technologie Smart. Cette dernière implique l’utilisation de variétés tolérantes à Conviso One, un herbicide de la famille des sulfonylurées (foramsulfuron et thiencarbazone-méthyl).
Cette alternative requiert « une certaine technicité », prévient l’ITB. Le programme consiste en un premier passage au stade deux feuilles des chénopodes, à 0,5 l/ha de Conviso One, associé à un ou plusieurs partenaires. Le deuxième passage se fera selon les mêmes modalités, après un délai réglementaire de dix jours au minimum, puis selon les observations de levées des adventices. Enfin, les montées à graines des variétés Smart devront être systématiquement détruites avant maturité, pour éviter leur dispersion dans l’environnement.
La solution présente quelques limites : elle ne peut pas être utilisée sur graminées résistantes aux ALS (inhibiteurs de l’acétolactate synthase) et s’avère inefficace sur chardons (privilégier le clopyralid à associer à la lutte mécanique). « Conviso One est un produit extrêmement volatil, ajoute Pierre Houdmon. Nous avons déjà eu à gérer des problèmes de promiscuité de parcelles, par exemple sur des petits pois. » L’ITB insiste sur le respect de toutes ces règles d’utilisation afin de « profiter de cette technique dans la durée ».
Combiner les leviers
Afin de pérenniser la solution dans le temps, l’institut ne la conseille pas dans les situations maîtrisées. Cela n’a « aucun intérêt économique […] sauf à aller chercher du confort en réduisant le nombre de passage », abonde Alexandre Métais, responsable régional pour la Normandie et le Val-d’Oise.
Alexandre Métais estime le surcoût de ce « confort » entre 200 et 300 €/ha. Pour les parcelles saines ou correctes, l’ITB recommande donc les programmes conventionnels classiques, sur un choix de matières actives adaptées à la flore adventice dominante : clomazone sur chénopodes, métamitrone sur matricaires ou encore quinmérac sur ombellifères (1).
Quant aux graminées, la combinaison des leviers, dans un contexte de diminution des solutions disponibles et de développement des résistances, est à opérer. « Cela représente un certain coût, mais il y a des situations où c’est indispensable si on veut limiter la concurrence sur la betterave, juge Alexandre Métais. C’est aussi devenu un requis si on veut de la durabilité pour la culture suivante. »
(1) Voir le pense-bête betterave 2026 de l’ITB pour les recommandations complètes.
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