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Des négociations commerciales très tendues

Dans un climat profondément tendu entre le ministère de l'Agriculture et la grande distribution, les négociations commerciales se poursuivent.

À quelques jours de l’ouverture du Salon international de l’agriculture (Sia) et à l’approche de la conclusion des négociations commerciales entre industriels et grande distribution, le climat est plus que jamais tendu.

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Traditionnellement, du 1er décembre au 1er mars, supermarchés et fournisseurs mènent des négociations, parfois brutales, qui déterminent in fine les prix des produits (hors marques propres des distributeurs) en rayon. Cette année, les discussions sont particulièrement tendues.

La grande distribution est accusée de « détruire » le tissu industriel français en tirant les prix vers le bas, selon l’Association nationale des industries alimentaires (Ania). Après des propos d’Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, dénonçant un « chantage mortifère » de la part de la grande distribution, la Fédération du commerce et de la distribution (FCD) a appelé au boycott du dernier comité de suivi qui s’est tenu le mardi 17 février 2026.

Les principaux représentants de la grande distribution signalent des « déclarations réductrices et caricaturales » d’Annie Genevard, en faisant référence à un entretien qu’elle a accordé au Parisien le 15 février 2026. « La volonté de dialogue n’est pas partagée, et les conditions minimales d’un échange respectueux et impartial » ne sont « pas réunies », a expliqué la FCD dans une lettre adressée à l’AFP et au ministère. Ce courrier est signé par les dirigeants des principales enseignes de la grande distribution tels que Leclerc, Carrefour, Intermarché, U ou encore Auchan.

« Les producteurs ne doivent pas être la variable d’ajustement »

Alors que le climat entre agriculteurs, industriels et grande distribution est très dégradé, la FNSEA, qui a participé au comité de suivi des relations commerciales, mardi 17 février 2026, indique « condamner fermement l’absence des représentants de la grande distribution (hormis Lidl) ».

Selon le syndicat agricole, leur absence est qualifiée « d’inacceptable ». « Leur présence était pourtant indispensable pour apporter des réponses concrètes aux difficultés rencontrées par les acteurs économiques de la chaîne alimentaire », affirme le syndicat dans un communiqué, diffusé ce mercredi 18 février 2026.

Pour la FNSEA, les témoignages recueillis lors de ce comité « montrent une situation extrêmement préoccupante : demandes quasi systématiques de déflation, non-respect massif du prix de la matière première agricole ou encore retards de signature des contrats ». Le syndicat refuse que « les producteurs soient la variable d’ajustement de la guerre commerciale ».

La FNSEA invite le gouvernement à « plus de fermeté dans les contrôles et les sanctions afin de faire respecter les lois Egalim ». Elle demande également « une action sur les centrales d’achat européennes pour éviter tout contournement des règles françaises ».

« La première victime de la guerre des prix, c’est notre souveraineté alimentaire »

Dans ce combat pour défendre la rémunération des agriculteurs, La Coopération Agricole est aussi mobilisée. D’après le syndicat qui défend l’intérêt des coopératives agricoles, « la première victime de la guerre des prix c’est notre souveraineté alimentaire ». Et de regretter qu’une charte d’engagements signée en décembre dernier, portée par l’ensemble des acteurs soit « mise à mal » dégradant le dialogue engagé et souhaité par les pouvoirs publics. Cette charte devait « instaurer la confiance », « favoriser le dialogue » et « prévoir un traitement adapté pour les PME ».

De ce fait, La Coopération Agricole appelle à la « responsabilité des distributeurs ». « La défense de notre agriculture, de notre industrie, du dynamisme des territoires et de notre souveraineté alimentaire n’est pas une simple ligne de coût : c’est le respect des femmes et des hommes qui produisent dans tous les territoires une alimentation de qualité, souhaitée par les consommateurs », insiste-t-elle.

« Une réelle volonté politique pour réguler les marchés »

Si la Coopération agricole appelle à la responsabilité des distributeurs, le Modef souhaite dire « stop au racket planifié par l’agroalimentaire et la grande distribution ». Dans un communiqué, le syndicat considère que les géants de la grande distribution « ne jouent pas le jeu avec l’Agriculture française ».

Dans ce contexte de négociations particulièrement tendu, comme le Modef, la Confédération paysanne exige « un cadre contraignant » pour l’encadrement des marges. En prenant l’exemple du lait, dans un communiqué paru mardi 17 février 2026, le syndicat estime qu’au niveau européen, la chute des prix « devrait convaincre l’ensemble des parties prenantes que la France doit pousser à une réduction des volumes, accompagnée d’une nécessaire hausse du prix d’intervention et d’une véritable réflexion pour retravailler la régulation du marché ».

La Confédération paysanne a redemandé à Annie Genevard de porter cette demande au niveau européen. La ministre de l’Agriculture aurait indiqué que pour le Commissaire européen à l’Agriculture, Christophe Hansen, la situation ne serait « pas suffisamment préoccupante pour engager des interventions publiques ».

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