Ce que prévoit le plan de régulation pour le saint-nectaire fermier
L’interprofession du saint-nectaire soumet au vote des producteurs fermiers et des affineurs un plan de régulation de l’offre pour éviter de futurs épisodes de surproduction.
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Contenir la production hivernale de saint-nectaire fermier à 27 % maximum des volumes annuels : c’est la principale mesure du plan de régulation de l’offre rédigé par l’interprofession du saint-nectaire. Ce plan est soumis au vote des producteurs fermiers et des affineurs du 16 mars au 15 avril 2026. La filière vit actuellement une situation de surproduction. 20 % de volumes supplémentaires de saint-nectaire fermiers ont été fabriqués entre novembre et décembre 2025 par rapport à 2024, conséquence d’une très bonne qualité de fourrages récoltés en 2025.
Inciter les éleveurs à étaler leur production sur l’année
Ce pic de production a lieu au moment même où la demande est la moins forte. « Ce phénomène se déroule tous les ans mais il s’est accentué, explique Émilie Rousset, directrice de l’interprofession. Les ventes baissent l’hiver alors que c’est l’inverse pour la production. » La filière souhaite donc inciter les éleveurs à étaler leur production sur l’année.
« Pour la grande majorité d’entre eux, il s’agira d’ajustements comme décaler quelques vêlages ou inséminer les vaches fin avril pour qu’elles vêlent plus tard, quand les ventes repartent », indique Sébastien Ramade, président de l’interprofession du saint-nectaire et producteur fermier.
« Ne pas limiter les producteurs »
Concrètement, si ce plan de régulation de l’offre est voté, les producteurs seront incités à ne pas produire plus de 27 % de leurs volumes annuels sur la période allant de décembre à février. Ce pourcentage sera réévalué chaque année et l’interprofession du saint-nectaire appliquera une surcotisation financière sur chaque plaque de caséine (servant à identifier les Saint-Nectaire) pour les fromages produits au-delà de ce seuil.
Les surcotisations, dont le montant sera « dissuasif mais pas prohibitif », ne concerneraient pas les producteurs installés depuis moins de quatre ans. Les sommes perçues financeront des actions communes pour la filière, décidées par le conseil d’administration. « Nous ne voulons pas limiter les producteurs. Nous avons besoin de ces fromages, mais plus tard dans la saison », poursuit Sébastien Ramade.
L’objectif du syndicat est de lisser la production et de la faire correspondre à la demande, qui repart généralement à partir du printemps. Ce plan de régulation de l’offre est soumis au vote des 200 producteurs fermiers et des 20 affineurs du 16 mars au 15 avril 2026. Il sera adopté s’il reçoit un vote favorable d’au moins deux tiers des opérateurs représentant deux tiers de la production.
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