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Il sera difficile d’établir un lien entre les décès et les laits contaminés

Depuis la mi-décembre les fabricants de lait en poudre ont retiré des dizaines de lots en raison de la présence d'un toxine potentiellement dangereuse pour les nouveau-nés. (image d'illustration)

Les autorités sanitaires françaises ont prévenu qu’il serait peut-être difficile d’établir avec certitude la cause des décès et des hospitalisations de bébés ayant consommé des laits concernés par la vaste vague de rappels en cours.

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« Il est un petit peu tôt pour se prononcer […] pour définir cette notion d’imputabilité », a admis lundi 16 février 2026 le ministère de la Santé lors d’un point sur les retraits-rappels des laits infantiles avec le ministère de l’Agriculture et l’agence sanitaire Anses.

L’affaire dure depuis la mi-décembre et a entraîné le rappel par Nestlé de dizaines de lots dans une soixantaine de pays à cause de la présence potentielle de céréulide, une toxine pouvant provoquer des vomissements dangereux chez un nouveau-né.

Depuis, une cascade de rappels similaires a eu lieu dans le monde par des industriels comme Danone ou Lactalis, mais aussi de plus petits acteurs du marché en pleine croissance. Trois décès ont été signalés chez des bébés ayant consommé des laits visés par les rappels en France, seul pays européen dans ce cas, ainsi qu’une dizaine d’hospitalisations.

Des symptômes peu spécifiques

À ce stade, aucun lien de cause à effet n’a été établi et des analyses sont en cours. Les investigations ne donneront pas forcément de réponse tranchée, selon le ministère de la Santé.

« La présence de toxine dans les selles ne permet pas à elle seule de conclure », car les symptômes « sont vraiment très peu spécifiques » et peuvent être liés à une gastro-entérite, a notamment exposé sa représentante. Interrogée sur les critères qui permettraient d’établir un lien, elle a renvoyé au « travail qui sera réalisé dans le cadre médico-légal » avec « l’ensemble des éléments que recueilleront les professionnels de santé autour d’un cas ».

Plusieurs enquêtes judiciaires sont en cours en France, notamment à Angers, Bordeaux et Blois, où sont décédés les trois nourrissons, ainsi qu’à Paris, où le parquet a ouvert vendredi plusieurs dossiers, notamment pour mise en danger de la vie d’autrui.

Les autorités françaises ont par ailleurs cherché à justifier la délégation d’analyses au laboratoire public belge Sciensano, en lien avec l’agence sanitaire française Anses. « Nos méthodes n’étaient pas aussi sensibles que les seuils fixés récemment par l’Agence européenne de sécurité sanitaire, l’Efsa », a déclaré un représentant de l’Anses, « on a proposé de travailler ensemble et de partager notamment les analyses sur la céréulide pour pouvoir aller plus vite dans les investigations ».

Le ministère de l’Agriculture a aussi affirmé qu' « il n’y a pas de laboratoire agréé pour Bacileus cereus et sa toxine parce que le besoin ne se faisait pas sentir ».

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