Depuis décembre 2025, de nombreuses entreprises ont effectué des retraits massifs de produits à base de laits infantiles, comme Lactalis, Danone, Nutribio ou encore Nestlé. La cause de ces rappels est une contamination à la céréulide, une toxine provoquant notamment des vomissements aigus chez les plus petits.
Libérée par des bactéries, elle peut venir contaminer l’huile riche en acide arachidonique (ARA) que les fabricants ajoutent à la composition des laits infantiles, afin de s’approcher du lait maternel. Dans un communiqué du 2 février 2026, les ministères de l’Agriculture et de la Santé annoncent la baisse du seuil autorisé de la toxine céréulide dans les produits infantiles.
Lactalis lance un rappel de lait infantile (22/01/2026)
L'autorité européenne de sécurité des aliments saisie en urgence
Dans le cadre de ces rappels massifs et internationaux, le ministère français a décidé de réduire la quantité autorisée de la toxine céréulide dans les produits infantiles à un seuil de 0,014 μg de céréulide par kilogramme de masse corporelle. Il s’agit de la dose de référence animale la plus basse existante dans la littérature (0,03 μg), a laquelle a été appliquée un facteur de division de 300 afin d’assurer une certaine sécurité, notamment dans le cadre des nourrissons.
« La protection de la santé des nourrissons constitue la priorité absolue des autorités sanitaires », annonce le ministère dans son communiqué. L’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) a été saisie en urgence par la Commission européenne et a affirmé être en faveur de la mise en place de ce seuil.
Les services du ministère ont pris contact avec les différents fabricants de laits infantiles français pour leur « demander de se conformer sans délai à ce nouveau seuil ». Le ministère de l’Agriculture précise à la presse « s’assurer que l’ensemble des usines […] vont bien prendre en compte, à l’avenir, le risque céréulide dans la matière première ARA, qui devra être introduit dans leur plan de maîtrise sanitaire ». Cet abaissement pourrait entraîner de nouveaux rappels de produits. Les magasins et les pharmacies feront également l’objet de contrôles afin de s’assurer de « l’effectivité de ces mesures ».
Une entreprise chinoise mise en cause
L’entreprise chinoise Cabio Biotech est pointée du doigt dans l’affaire. Elle serait l’entreprise fabriquant la substance de synthèse à l’origine des contaminations des laits en poudre à destination des nourrissons. Le ministère de l’Agriculture a confirmé, ce jour, à la presse que le « fabriquant de l’huile ARA est Cabio Tech ». L’entreprise visée n'a, pour l'heure, pas réagi.
Deux nourrissons décédés
Les décès de deux nourrissons, ayant consommé des laits faisant l’objet de rappels par Nestlé, ont particulièrement marqué l’affaire. Deux enquêtes distinctes sont aujourd’hui en cours. À l’heure actuelle, aucun lien de causalité n’a été mis en évidence, précisent les autorités.
De son côté, le ministère de la Santé rappelle que « les recommandations sanitaires établies ne changent pas au regard de l’abaissement du seuil autorisé pour la céréulide ». La première recommandation est de ne plus utiliser des lots faisant l’objet de rappel pour alimenter un nourrisson. Puis, en cas de symptômes, contacter son médecin ou à défaut les urgences (15) en mentionnant qu’il y a eu consommation d’un lait infantile. À noter que le seul traitement existant est un traitement des symptômes, qui sont similaires à ceux d’une gastro aiguë.
« Maintenant que le risque est identifié, il est assez facile de vérifier la sécurité des lots reçus », rassure toutefois le ministère de l’Agriculture.