La justice donne un an à un élevage de porcs pour compléter son étude d’impact
Le tribunal administratif de Rennes a accordé un sursis d’un an à l’élevage porcin Avel Vor de Landunvez (Finistère) et à la préfecture du Finistère pour compléter l’étude d’impact de cette exploitation agricole, dont l’extension est contestée depuis près de dix ans par des associations environnementales.
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L’arrêté préfectoral du 8 novembre 2022 ayant validé l’extension de cette porcherie « est intervenu à l’issue d’une procédure viciée », estime le tribunal dans un jugement rendu le lundi 19 janvier 2026. Mais ces « vices » pouvant être régularisés, la juridiction accorde un délai d’un an à l’élevage Avel Vor et à la préfecture du Finistère pour compléter l’étude d’impact, avant de se prononcer sur une éventuelle « erreur d’appréciation » commise par le préfet.
Des associations environnementalistes toujours offensives
L’étude d’impact sur laquelle reposait le projet d’extension de cet élevage de porcs souffre de nombreuses « insuffisances », notamment quant aux incidences « du cumul des émissions sonores et olfactives, du trafic routier et des émissions d’ammoniac » sur la santé humaine et l’environnement, selon le jugement.
Pour les associations requérantes réunies dans le collectif « Stoppons l’extension », ce jugement « laisse un goût amer ». « Nous restons néanmoins confiants : la régularisation qui sera proposée par l’exploitation Avel Vor dans un an ne sera pas à la hauteur puisque les mêmes illégalités sont réitérées depuis presque dix ans. Ce qui, in fine, conduira à l’annulation de cet arrêté préfectoral », estime le collectif, composé notamment d’Eau et Rivières de Bretagne et de Greenpeace.
L’affaire divise la commune de Landunvez depuis qu’en 2015, le gérant d’Avel Vor a demandé à agrandir son exploitation pour passer à 12 000 porcs. Une première enquête publique avait émis un avis défavorable à cette extension de l’élevage. Mais le préfet de l’époque l’avait néanmoins autorisée en avril 2016.
Saisie par les opposants, la justice administrative avait annulé l’arrêté d’extension en première instance et en appel, en 2019 et 2021. Mais la porcherie était alors déjà agrandie, produisant 27 000 porcs charcutiers par an dans une commune d’à peine 1 500 habitants, en vertu d’une autorisation préfectorale provisoire.
Pour régulariser la situation, une nouvelle enquête publique, menée au printemps 2022, avait cette fois conclu à un avis favorable, malgré les mises en garde de l’Autorité environnementale. Le préfet du Finistère avait de nouveau autorisé cette extension en novembre 2022. C’est ce dernier arrêté qui était attaqué par le collectif « Stoppons l’extension ».
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