Login

Les excès d’eau sur les céréales inquiètent

Si l'état des céréales est globalement satisfaisant, des situations de sols saturés en eau posent question.

Les céréales sont plutôt bien développées et en bonnes conditions, indique l’observatoire Céré’Obs de FranceAgriMer. Certaines situations sont toutefois en « alerte hydromorphie ». Arvalis donne ses conseils pour adapter l’itinéraire technique.

Vous devez vous inscrire pour consulter librement tous les articles.

Selon l’observatoire des céréales Céré’Obs de FranceAgriMer publié le 13 février 2026, l’état des céréales est globalement bon. Au 9 février 2026, 91 % du blé tendre était considéré en conditions « bonnes à très bonnes » (73 % en 2025 à la même date), 88 % pour l’orge d’hiver (68 % en 2025), et 87 % pour le blé dur (84 % en 2025). « Dans certaines régions, en particulier en Bretagne, les excès d’eau peuvent impacter le potentiel des céréales », alerte toutefois l’équipe bretonne d’Arvalis.

Les céréales dans un stade « moins sensible aux excès d’eau »

Elle précise que « les céréales sont dans un état plutôt favorable physiologiquement pour affronter la saturation des sols que l’on connaît actuellement » et que cette saturation intervient, dans la majorité des cas, au stade plein tallage, « moins sensible aux excès d’eau ». « Le plus problématique est une saturation des sols au début ou courant de la montaison, bien souvent sur la deuxième quinzaine de mars », ajoute Arvalis. Selon Céré’Obs, au 9 février 2026, 92 % du blé tendre était au stade début tallage, et le stade épi 1 cm débutait à 1 %. Concernant l’orge d’hiver, 96 % des parcelles étaient au stade début tallage.

Excédent pluviométrique de 30 % en janvier 2026, selon Météo-France

En Pays de la Loire également, de nombreuses parcelles souffrent d’excès d’eau, signale le bulletin de santé du végétal (BSV) local. « Les parcelles de céréales sont dans l’ensemble bien développées et souvent très tallées, avec fréquemment 5 à 7 talles (voire plus) par plante, indique le BSV. À noter qu’avec les précipitations actuelles, des symptômes d’hydromorphie nombreux (céréales qui jaunissent) ainsi que des zones ennoyées sont signalés dans 7 parcelles pénalisant le développement des céréales. »

Météo France estime qu’en janvier 2026, à l’échelle de la France, l’excédent pluviométrique atteint 30 %. Les pluies ont été particulièrement abondantes en Bretagne et près de la Méditerranée, « provoquant localement des crues et des inondations », précise l’organisme.

Rapport à la moyenne mensuelle de référence 1991-2020 des cumuls de précipitation en France. Janvier 2026. Édité le 1er février 2026. (© MeteoFrance)

Des semis de blé durs localement perturbés par la pluie

Concernant le blé dur, Céré’Obs estime qu’au 9 février, il restait encore 6 % des surfaces à semer. « Ces dernières années, on a eu quelques accidents d’implantation en raison du climat capricieux. Cette année, globalement, les semis sont beaucoup plus classiques », précisait Matthieu Killmayer, animateur de la filière blé dur chez Arvalis, le 6 février 2026 lors de la journée filière blé dur.

Dans le bassin sud-est, il note en revanche un « point rouge » en Vallée du Rhône, qui a eu des difficultés de semis en raison des pluies régulières sur la zone. « On devrait avoir 10 % des surfaces prévues dans la Vallée du Rhône qui ne seront pas semées, affirme-t-il. Les agriculteurs ont switché sur des cultures d’été. Cela devrait faire perdre quelques hectares sur le territoire. »

Alertes hydromorphie, puceron et mosaïque en blé dur

Selon Céré’Obs, 94 % du blé dur avait atteint le stade levée au 9 février, et 67 % des parcelles étaient au stade début tallage (53 % en 2025 à date, et 71 % en moyenne quinquennale). Le stade épi 1 cm débutait quant à lui sur 1 % des parcelles.

Sur le bassin sud-ouest, « on a quelques alertes sur les pucerons et on est actuellement en alerte hydromorphie car des parcelles baignent depuis plusieurs semaines, ajoute Matthieu Killmayer. Il n’y a pas de problématiques particulières pour l’instant, mais si cela continue, on risque d’avoir des pertes de surfaces ou des parcelles très irrégulières en termes de levées. »

Un certain nombre de situations sont également en alerte hydromorphie dans le bassin Ouest Océan, même si la végétation est « plutôt jolie ». Sur le bassin Centre, « le gel n’a pas eu d’effet sur les blés durs malgré l’absence de couverture neigeuse. Aujourd’hui, on commence à voir les premières alertes mosaïques. Après des périodes gélives, le redoux se faisant, les virus commencent à s’exprimer sur le territoire. »

Un tiers des surfaces d’orge de printemps semées

Enfin en orge de printemps, les semis s’établissaient à 30 % au 9 février (18 % en 2025 et 23 % sur la moyenne cinq ans). 29 % des parcelles avaient levé (15 % en 2025, et 16 % en moyenne quinquennale), et 7 % étaient au stade début tallage (3 % en 2025 et 7 % sur la moyenne quinquennale).

Ajuster l’itinéraire technique

Face aux excès d’eau, Arvalis conseille de mettre en place « des ajustements technico-économiques » pour ce printemps :

A découvrir également

Voir la version complète
Gérer mon consentement