« Halte aux mesures à l’encontre de la souveraineté alimentaire en volailles »
Face à l’accord entre l’Union européenne et les pays du Mercosur et à l’entrée en vigueur, en 2030, de la directive sur les émissions industrielles (IED), la filière française de la volaille de chair s’alerte. L’interprofession Anvol appelle les pouvoirs publics à agir pour préserver la production nationale.
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« Au niveau européen, halte aux mesures qui vont à l’encontre de la souveraineté alimentaire », a déclaré Jean‑Michel Schaeffer, président de l’Anvol, lors d’une conférence de presse le 17 février 2026. L’interprofession demande que les élevages de volailles soient exclus de la nouvelle version de la directive sur les émissions industrielles, « IED 2.0 », et que les pouvoirs publics français s’opposent à la signature d’accords commerciaux dépourvus de « clauses miroirs » et de contrôles.
Rejeter la ratification de l’accord avec les pays du Mercosur
Le 21 janvier 2026, le Parlement européen a voté la saisine de la Cour de justice de l’Union européenne. Une première étape « saluée » par les interprofessions agricoles françaises Interbev, Anvol et Intercéréales. Mais la Commission européenne a ensuite divisé l’accord, une décision jugée « grave » par le président de l’Anvol qui affirme que « la scission entraîne une perte de pouvoir des États membres et des parlements nationaux, ce qui est presque un déni de démocratie ».
Selon l’interprofession, 180 000 tonnes de poulet supplémentaires pourraient être importées, notamment du Brésil, avec la ratification de l’accord. Ajouté à cela les 450 000 tonnes déjà importées par l’Union européenne, ce ne seront pas moins de 380 millions de poulets concernés par les importations.
Ces produits n’étant pas soumis aux mêmes conditions de production ni aux mêmes contrôles qu’en France, l’interprofession juge la situation « totalement inacceptable » et appelle à un rejet de la ratification. Même inquiétude concernant l’accord avec la Thaïlande, qui relancerait les « mêmes standards d’accords qu’il y a 25 ans », avec des conditions de production différentes et des dispositifs de contrôle absents. « On ne peut pas accepter ça », avertit l'Anvol.
Exclure les viandes blanches de la directive « IED 2.0 »
En vigueur depuis 2010, la directive européenne IED encadre les émissions des industries fortement polluantes, dont celles des élevages de porcs et de volailles. La nouvelle version, « IED 2.0 », applicable à partir de 2030, élargira son périmètre d’action. Une évolution qualifiée par le président de l’Anvol comme « encore plus lourde que la version existante, alors que les normes françaises de construction sont déjà les plus élevées du monde ».
La Commission européenne a présenté le premier projet contenant les nouvelles règles de production que les élevages devront appliquer, appelé UCOL (uniform conditions for operating rules). Selon l’interprofession, ce document alourdit davantage les contraintes environnementales « avec des limites techniques inapplicables ». Cette réforme de la directive concernerait 612 élevages supplémentaires, dont 488 élevages de dindes, soit une hausse de 44 % du nombre d’exploitations concernées.
L’interprofession demande donc l’exclusion des élevages de volailles du texte, précisant le double enjeu auquel elle fait face. « Notre travail, c’est à la fois de nous mettre au niveau de l’Europe concernant la directive actuelle et de se battre à Bruxelles pour une future directive réaliste », souligne Jean‑Michel Schaeffer. En effet, l’interprofession estime qu’« aujourd’hui, la version nationale [de la directive IED] est surtranscrite car on fait plus que ce que l’Europe demande. […] Ce n’est pas qu’on veut moins de normes, mais qu’on s’aligne sur l’Europe ».
Avec les enjeux autour de la directive IED et de l’accord entre l’Union européenne et les pays du Mercosur, les représentants de la filière dénoncent les contraintes imposées aux éleveurs qui pèseront lourdement sur les investissements, « déjà considérables dans le secteur ».
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