« Si la nouvelle directive sur les émissions industrielles (IED) est appliquée en l’état, c’est la disparition du porc français », alerte Philippe Bizien, président d’Inaporc, lors d’une conférence de presse le 10 février 2025. Ce texte européen existe depuis 2010 et encadre les émissions des différentes industries polluantes. Les élevages de porcs et de volailles sont inclus en raison de leurs rejets comme l’ammoniac, le méthane, les nitrates et les gaz à effet de serre dans l’air et l’eau.

Or selon le président d’Inaporc, « l’élevage est embarqué dans des normes européennes qui n’ont pas grand-chose à voir avec les petites structures ». L’interprofession souhaite que les élevages de porcs soient exclus de la directive, comme le sont les élevages bovins.

Élargissement du périmètre d’action des IED

La nouvelle directive « IED 2.0 », applicable à partir de 2030, présente un enjeu majeur pour l’élevage porcin. Cette version élargit le périmètre d’application des IED. Le texte de 2010 concernait 8 % des élevages porcins et la nouvelle version en concernerait 40 %. « Cet abaissement des seuils ferait que plus de 60 % de la production serait concernée, avec une impossibilité de s’y adapter », déplore Philippe Bizien.

Par exemple, une des mesures demandées afin de réduire les émissions est l’installation de « laveurs d’air » dans les bâtiments d’élevage ou encore de racleurs pour les excréments des porcs. Des aménagements « impossible à faire sur des vieux bâtiments », selon le président de l’interprofession.

De plus, la directive « IED 2.0 » implique des normes « de plus en plus drastiques » qui sont économiquement inatteignables « avec, en conséquenc,e un risque de suspension d’autorisation des élevages ».

Propositions de Inaporc

Pour assurer la souveraineté alimentaire en porc, l’interprofession souhaite que les filières de viandes blanches soient exclues de la directive « IED 2.0 ». En parallèle, elle propose des alternatives pour réduire les émissions comme la couverture des fosses à lisier ou l’installation de méthaniseurs, qui sont « tout aussi efficaces mais on n’est pas écouté », explique le président.

Un second enjeu a été mis en avant par Inaporc. Il s’agit du « régime relatif aux installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE) » qui, à l’heure actuelle, concerne à la fois l’élevage et les industries. « Aujourd’hui, on applique à l’élevage des normes et des contraintes qui sont extrêmement fortes en terme administratif », explique Philippe Bizien, ajoutant que le souhait n’est pas de changer les contraintes environnementales mais bien celles administratives. Pour cela, l’interprofession souhaite qu’un « régime spécifique à l’élevage » à l’échelle française soit créé.

Au Salon de l’agriculture, qui se tiendra du 21 février au 1er mars 2026, les filières du porc et de la volaille demanderont officiellement l’application de leurs différentes propositions.