« À partir du printemps 2021 et en lien avec la reconstitution de son cheptel, la Chine est moins présente aux achats sur le marché européen. Elle déréférence temporairement certains opérateurs, principalement en Espagne, mais aussi en France », retrace Agreste, le service de la statistique du ministère de l’Agriculture, dans une synthèse publiée le 11 mai 2022.

L’an passé, les envois français vers l’empire du Milieu ont reculé de 2,8 % par rapport à 2020. Ce débouché a pourtant représenté « 20,2 % du total exporté par la France en 2021, contre 8,5 % en 2018 avant la peste porcine africaine (PPA) », précise Agreste. Pas moins de 72 % du montant des abats exportés par la France l’étaient à destination de la Chine, contre 58 % en 2018.

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Reprise de la restauration hors domicile

Mais en parallèle, « la forte progression des ventes vers les Philippines fait plus que compenser le recul vers la Chine, analyse Agreste. La France est en outre moins touchée par le ralentissement des expéditions vers la Chine que d’autres pays européens, ses débouchés étant davantage orientés vers le marché intérieur. »

L’an passé, après « deux années consécutives de baisse », la consommation de viande porcine en France a progressé de 1,6 %, pour s’établir à 31,8 kg équivalent carcasse par habitant. « En 2021, les mesures de restrictions sanitaires liées à la Covid-19 ont moins d’impact sur les modes de consommation, estime Agreste. La reprise de la restauration hors domicile (RHD) fait plus que compenser le recul des achats des ménages. »

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Contrecoup au second semestre

Pour autant, à partir du second semestre, les éleveurs français ont malgré tout subi le contrecoup de la baisse des cours du porc « en raison de la saturation du marché européen et de la forte concurrence entre pays exportateurs induite par le report de la viande ne trouvant plus preneur en Chine. »

La flambée des coûts de production est venue aggraver la situation. « En 2021, le prix de l’aliment est supérieur de 16,2 % à la moyenne sur cinq ans », note Agreste, qui pointe « un effet de ciseaux » pour les trésoreries en élevage, notamment au second semestre. « Au renchérissement de l’aliment pour animaux s’ajoute, à partir de l’été, celui des autres intrants comme l’énergie. »

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Vincent Guyot