Login

Les éleveurs veulent garder la main sur la dématérialisation des passeports bovins

L'article 36 de la loi d'orientation agricole de mars 2025 fixe l'objectif de dématérialiser les documents d'accompagnement des bovins avant l'automne 2027.

La mise en place de la dématérialisation des passeports bovins est discutée au sein du ministère de l’Agriculture. Les représentants de filière veulent s’assurer que l’accès aux données privées reste sous le contrôle des éleveurs.

Vous devez vous inscrire pour consulter librement tous les articles.

L’identification des bovins se fait par un passeport (anciennement DAB, document d’accompagnement bovin), qui porte des informations réglementaires, professionnelles et sanitaires. Dans le cadre de la simplification administrative, l’État doit désormais assurer la dématérialisation de ces documents.

Au congrès de la fédération nationale bovine (FNB) le 4 février 2026, Emmanuel Bernard, président de la section bovine d’Interbev, fixe les priorités. « Il ne faut pas que les éleveurs se trouvent face à un mur informatique, explique-t-il. Ensuite, les mouvements doivent être tracés rapidement dans un but de suivi sanitaire en cas de crise. Enfin, il faut pouvoir avoir accès aux données même en cas de panne informatique ».

Gérer l’accès aux informations

La première inquiétude des éleveurs présents au débat reste l’accès à l’information au sein des différents maillons de la filière. « Il faut faire attention que ce soit l’éleveur qui a la main sur ses données », souligne un éleveur. « Qui donne l’accès à qui ? », renchérit un second. « C’est une question à laquelle nous sommes très attachés, répond Emmanuel Bernard. […] Nous, ce qu’on veut, c’est d’abord faire en sorte que l’éleveur ait la maîtrise des données, que ça ne parte pas partout ». Les représentants des filières se montrent très vigilants vis-à-vis du développement informatique pour que « la même importance ne soit pas accordée à toutes les informations qui composent le passeport ».

Suivre les mouvements en temps réel

Le point clé de la dématérialisation reste le suivi des mouvements d’animaux. « Avec ce que l’on a vécu dans le contexte sanitaire en juillet… Si nous voulons maîtriser les mouvements, il faut qu’ils soient suivis en temps réel », appuie le membre d’Interbev. L’idée serait d’anticiper tous les mouvements, et que les marchés ou les centres de rassemblement puissent avoir accès à une partie du passeport des animaux qui doivent leur être amené, pour tracer ce mouvement.

Dématérialiser le suivi sanitaire

De plus, les informations sanitaires et vaccinales sont remplies de façon manuscrite sur le document actuel. « Avec tous les vaccins que nous faisons, il n’y aura bientôt plus la place… » remarque un éleveur. Avant qu’un second ajoute : « l’idéal, serait un logiciel avec tout dessus. Le vétérinaire aurait accès à la base de données pour y intégrer un traitement dans le carnet sanitaire d’une vache. Cela permettrait également de dématérialiser les ordonnances, etc. ».

Un système qui doit être adaptable

Cependant une problématique persiste : le besoin d’une connexion internet. « On ne peut pas se permettre d’avoir un arrêt de l’information en cas de crise, insiste Emmanuel Bernard. La sécurisation doit être anticipée ». De plus, « celui qui veut rematérialiser doit pouvoir le faire ». C’est un système qui doit être adaptable en format informatique et papier, selon les préférences de chaque maillon de la filière.

A découvrir également

Voir la version complète
Gérer mon consentement