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En Isère, deux IGP valent mieux qu’une

En Isère, la filière laitière espère valider en 2026 des adaptations du cahier des charges de l'IGP Saint-Marcellin.

Avec le projet d’IGP Saint-Félicien, la filière laitière iséroise espère ralentir son érosion.

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L’Isère a perdu la moitié de ses exploitations bovines laitières en quinze ans, chiffre à relativiser du fait des regroupements en sociétés, et 18 % de son litrage en dix ans. Le département, qui produit 151 millions de litres avec 23 400 vaches réparties dans 342 exploitations, a pourtant un riche tissu industriel. En complément de l’AOP Bleu du Vercors-Sassenage (450 t) et de l’IGP Saint-Marcellin (2 750 t), il compte aussi sur la future IGP Saint-Félicien.

Les fromages Saint-Marcellin et Saint-Félicien sont cousins et leur aire de production se superpose en partie. « La plupart des opérateurs fabriquent les deux, explique Thomas Huver, conseiller à la chambre d’agriculture. Nous avons donc créé un ODG (organisme de gestion) commun et les cahiers des charges pour l’élevage seront identiques. » L’ODG demande à la fois la reconnaissance de l’IGP Saint-Félicien et des adaptations du cahier des charges du Saint-Marcellin aux nouvelles réalités climatiques et sociétales. « L’herbe est centrale, mais il n’est plus toujours possible de pâturer en plein été, ni dans certaines zones urbanisées », illustre Thomas Huver. La durée de pâturage obligatoire serait légèrement réduite, en autorisant d’autres modes de valorisation de l’herbe.

Plus-value

La filière espère valider ces adaptations en 2026. Pour le Saint-Félicien, elle se donne deux ans. « L’IGP empêchera que les laiteries choisissent de fabriquer ce fromage avec du lait venu d’ailleurs, moins cher à produire », explique Jean-Michel Bouchard, président de l’Union des producteurs laitiers du Saint-Marcellin. Aujourd’hui, le Saint-Félicien se vend très bien, mais le prix payé aux producteurs ne tient compte que du taux de transformation en IGP Saint-Marcellin. « Comme il représente à peine la moitié du lait collecté dans l’aire d’appellation, la plus-value oscille de 20 à 30 €/1 000 l, reprend l’éleveur. Grâce à l’IGP Saint-Félicien, on espère gagner encore au moins 15 €/1 000 l. »

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