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Des gains en lait grâce à une meilleure hydratation des bovins

L'hydratation des animaux se dégrade au pâturage du fait d'un moins grand nombre et de l'éloignement des points d'abreuvement.

Avec près de 80 % de vaches laitières en déficit hydrique, les résultats de l’enquête menée par le GDS normand incitent à agir, avec des gains à la clé.

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Conseillère du groupement de défense sanitaire (GDS) de la Manche, Estelle Hélaine révèle les enseignements de mesures effectuées sur 472 vaches en lactation de la Manche de décembre 2024 à mars 2025. « 78 % des laitières testées étaient déshydratées et 12 % mal hydratées. »

Les densités urinaires sont formelles : aucun des 46 élevages ne présente une hydratation moyenne satisfaisante. Or, cette situation est préjudiciable à la production laitière mais aussi à l’immunité, à la reproduction et à la valorisation alimentaire. « Une meilleure hydratation permet de gagner en lait et en croissance », explique-t-elle.

Évaluer la durée de miction

Formée aux méthodes de prévention développées par le vétérinaire Pierre-­Emmanuel Radigue, Estelle Hélaine indique que « l’hydratation est le premier des cinq piliers de la santé des bovins ». Même si les résultats obtenus sont cohérents avec la bibliographie, ces derniers l’ont surprise du fait du climat océanique du Cotentin.

Face à la multiplicité des paramètres influençant les besoins en eau, elle se concentre sur l’état des animaux. « Sans mesurer la densité urinaire nécessitant un réfractomètre, les éleveurs peuvent évaluer la durée de miction, indique-t-elle.

Celle d’un animal correctement hydraté doit durer au moins 10 secondes. Dans une stabulation, les mictions se succèdent environ toutes les cinq minutes. » A contrario, la conseillère précise que la couleur des urines n’est pas forcément fiable.

Points d’abreuvement moins nombreux

Au-delà des moyennes, Estelle Hélaine a constaté que « l’état des animaux se dégrade au pâturage du fait de points d’abreuvement moins nombreux et de leur éloignement ». En testant deux lots dans un élevage, respectivement en début ou milieu et fin de lactation, elle a également observé que les animaux les plus productifs sont les plus sensibles à la déshydratation car ils produisent au détriment de leur propre besoin en eau.

« Il est probable que les vaches taries soient également concernées par ce déficit du fait de rations sèches et d’accès à l’eau fréquemment plus limités. Or, il s’agit d’une phase critique pour la production de colostrum. » Enfin, elle insiste sur la mise à disposition d’eau pour les veaux laitiers : « Le lait les nourrit mais l’eau est indispensable pour maintenir leur hydratation. »

De l’eau dans un environnement sain

Ses observations ont montré que les courants parasites limitent fortement l’abreuvement, d’où la sous-utilisation des points d’eau situés à proximité des installations électriques, comme les robots et les salles de traite.

Enfin, Estelle Hélaine interpelle sur leur propreté. Elle souligne : « Le goût et l’odorat des bovins sont encore plus sensibles que ceux des humains. La présence d’un biofilm à l’origine d’une sensation grasse sur les parois doit déclencher un nettoyage avec une brosse pour l’éliminer. »

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