ETA et Cuma déclarent la guerre aux charges de mécanisation
ETA et Cuma plaident pour une réduction des frais de mécanisation grâce à la délégation des travaux et à la mutualisation du matériel.
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Nouvelle présidente pour les Cuma, nouveau président pour les entrepreneurs mais les discours et les priorités restent les mêmes : s’attaquer aux charges de mécanisation en changeant les pratiques des agriculteurs, qui ont tendance à surinvestir individuellement par rapport à leurs collègues européens et à leurs besoins. Marine Boyer, la Président de la FNCuma appelle ainsi à un « Varenne de la machine agricole avec l’ensemble des parties prenantes pour construire un cap politique commun sur la mécanisation de la ferme France ». Du côté des entrepreneurs des territoires (FNEDT), le président Philippe Largeau demande l’aide de l’État pour mettre en place un observatoire national du machinisme agricole. L’objectif est d’avoir un arrêt sur image du parc d'équipements actuel. Cet observatoire devrait voir le jour en 2026, même si les modalités sont encore à préciser. « La mécanisation doit être adaptée aux besoins réels de l’exploitation, insiste Philippe Largeau. Il faut en finir avec cette pratique qui consiste à se chercher un besoin en fonction du matériel qui est subventionnable. »
Revoir la fiscalité
Pour Marine Boyer, le changement de cap sur la mécanisation passe par une refonte de la politique fiscale. « Aujourd’hui, la fiscalité de la machine est restée celle qui accompagnait les enjeux agricoles des années 1970. L’enjeu climatique est là. Loin de la grille de lecture des années Giscard, les pouvoirs publics devraient encourager les pratiques vertueuses de partage plutôt que le renouvellement accéléré des machines. Ce n’est ni bon pour le portefeuille des paysans, ni bon pour la planète. » Cet objectif fait écho au plaidoyer pour une mécanisation responsable publié par le réseau Cuma en 2024, qui préconise notamment, à périmètre budgétaire constant, de remodeler la fiscalité des agroéquipements pour « inciter aux pratiques vertueuses de partage des machines ». Actuellement, moins de 10 % du parc français est mutualisé, un fait que la FNCuma attribue à « une fiscalité favorable aux achats individuels de machines qui atteint 1,3 milliard d’euros ».
Du côté des entrepreneurs, on fustige les campagnes de subventions, du type France Relance, avec notamment la pratique du premier arrivé, premier servi pour les demandes d'aide. Pour le président de la FNEDT, « s’il y a des aides à apporter, elles doivent être à l’usage, pas à l’achat de la machine, par exemple avec une aide à l’hectare pour déléguer certains travaux. Nous sommes persuadés qu’il y a eu des campagnes de subventions pour des machines qui sont déjà largement sous-utilisées en France.»
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