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Les prix du blé et du colza sont en hausse

La semaine est marquée par un rebond des prix du blé, tant sur le marché européen qu’américain.

Les amplitudes de variation des prix ont été importantes cette semaine, malgré une semaine marquée en Asie par le démarrage des fêtes du nouvel an chinois. Faute d’accord imminent entre l’Iran et les États-Unis, le cours du pétrole bondit en raison des craintes sur le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz.

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Les variations de prix des céréales sont importantes cette semaine, et dans le cadre des négociations en cours entre les États-Unis et l’Iran, le pétrole bondit au-dessus de 71 $/b pour le brent à Londres. Le marché du colza a également progressé revenant sur son plus haut niveau depuis l’été dernier.

Rebond des prix du blé

La semaine est marquée par un rebond des prix du blé, tant sur le marché européen qu’américain. À Chicago, les cours, soutenus par des réajustements de positions des fonds à l’achat, reviennent se négocier sur leurs plus hauts niveaux depuis la mi-novembre. À l’approche de la sortie de l’hiver, l’attention portée aux conditions de culture anime le marché : dans les plaines du sud des États-Unis, un temps plus sec accompagné de vents asséchants suscite des inquiétudes, tandis qu’en Europe de l’Ouest, ce sont les excédents de précipitations qui commencent à préoccuper les opérateurs.

En France, FranceAgriMer dégrade peu à peu l’état des cultures dans de meilleures conditions que l’an dernier, estimant que 88 % des surfaces de blé sont en état « bon à excellent ». Les mouvements de prix liés au weather market s’ajoutent à la fermeté induite par la détente de la parité euro/dollar. Le rebond des prix reste néanmoins contenu par la confirmation, par le Conseil international des céréales (IGC), d’un stock de report mondial de blé toujours conséquent, estimé à 282 millions de tonnes, dont 78 millions de tonnes chez les principaux pays exportateurs. Par ailleurs, les conditions logistiques en mer Noire ont perturbé l’activité à l'exportation depuis plusieurs semaines, offrant des opportunités aux origines d’Europe de l’Ouest.

Le maïs sans dynamique

Les cours du maïs s’écartent peu à peu de ceux du blé et ne bénéficient donc pas de la même dynamique. Les acheteurs du secteur de l’alimentation animale jugent en effet que l’écart de prix reste aujourd’hui trop faible pour encourager une utilisation plus importante de maïs au détriment du blé. Comme sur le marché physique, les prix sur Euronext évoluent peu, s’affichant autour de 190 €/t pour l’échéance de mars 2026. Les fortes précipitations des dernières semaines et jours apportent également des difficultés de logistique sur certaines zones fluviales de chargement.

Les opérateurs européens restent attentifs aux volumes d’importation en Europe, notamment à l’activité en provenance de l’hémisphère Sud. Le Brésil pourrait ainsi approvisionner le marché européen d’ici à la soudure de campagne, en complément des flux attendus depuis l’Ukraine. Les disponibilités importantes aux États-Unis contribuent également à peser sur les prix. L’IGC estime toujours les stocks mondiaux de maïs à 305 millions de tonnes à la fin de la campagne de 2025-2026, un facteur rassurant alors même que les assolements prévus aux États-Unis pour le printemps prochain sont attendus en repli.

Dans le cadre du forum annuel de l’USDA, qui se tenait cette semaine, les premières estimations d’emblavement confirment une forte baisse des surfaces par rapport à l’an dernier, année record. Les producteurs américains pourraient ainsi réduire les surfaces d’environ –5 %, les ramenant à 94 millions d’acres. Malgré ce recul, cette sole représente encore un potentiel élevé, largement au-dessus de la moyenne décennale, et finalement à peine en dessous des surfaces de 2023.

Les cours du colza en hausse

L’élan de fermeté observé en colza s’est accentué cette semaine sur le marché européen. Les cours ont ainsi retrouvé les plus hauts niveaux traités sur Euronext depuis juillet dernier en évoluant autour de 490 €/t sur l’échéance de mai 2026 sur Euronext. La dynamique des prix des graines de canola observée au Canada est également similaire avec des prix qui retrouvent eux aussi les niveaux équivalents au plus haut depuis la fin août. L’espoir de voir se clarifier prochainement les mandats sur le biodiesel aux USA anime ainsi le marché nord-américain.

Les intervenants européens demeurent toutefois vigilants face aux programmes d’importations annoncés de graines origines canadienne et australienne dans les prochaines semaines afin de répondre aux besoins des triturateurs européens. D’ailleurs, les prix de l’huile brute de colza à Rotterdam se négocient actuellement toujours sous 1 100 €/t sur le rapproché et sur des niveaux inférieurs sur les échéances suivantes. La baisse de l’euro face au dollar récent offre néanmoins un facteur de réajustement à la hausse des prix des huiles d’importation.

En nouvelle récolte, les cours du colza s’apprécient également repassant ainsi, sur Euronext, au-dessus de 470 €/t sur l’échéance Août 2026 cette semaine. Les incertitudes sur l’impact des précipitations en France et aussi des vagues de froid dans l’est de l’Europe poussent le colza en récolte 2026 à retrouver ses plus hauts niveaux depuis juin.

Les tourteaux de soja en légère progression

Les cours des tourteaux, en équivalent délivré Montoir, enregistrent une nouvelle progression pour des livraisons rapprochées, se négociant désormais autour de 360 €/t. Ce niveau reste toutefois inférieur au pic de novembre dernier, qui dépassait 370 €/t. Sur les échéances plus lointaines, les prix progressent également, même si ceux-ci s’affichent à des niveaux inférieurs d’environ – 20 €/t pour des livraisons en mai par rapport aux livraisons immédiates. Le marché s’ajuste ainsi au léger raffermissement du dollar face à l’euro.

L’activité sur le marché américain, malgré une semaine raccourcie par le jour férié du President’s Day, a été plus animée qu’attendu. Malgré l’absence de nombreux acteurs asiatiques en raison du Nouvel An chinois, les prix de la graine de soja évoluent en hausse aux États-Unis, dans l’espoir de voir les exportations vers la Chine progresser d’ici la fin de campagne, et ce malgré la compétitivité des origines sud-américaines, alors que la récolte avance au Brésil. Les conditions météorologiques demeurent un point d’attention important en Amérique du Sud, où de fortes précipitations sont annoncées dès la semaine prochaine et pourraient ralentir les travaux de récolte. Les craintes liées à l’activité export au départ de l’Argentine, en raison de la grève générale observée cette semaine, se sont rapidement dissipées, sans impact significatif sur les flux.

Aux États-Unis, l’espoir d’un regain de demande en huile sur le marché intérieur soutient fermement les prix des huiles de soja à Chicago, qui atteignent de nouveaux records. Cette situation favorable à la trituration permet aux tourteaux à Chicago de marquer le pas sous 310 $/short ton sur l’échéance rapprochée, après un regain de fermeté depuis le début du mois. La hausse attendue de la demande intérieure et des prix de la graine de soja encourage par ailleurs une augmentation des surfaces pour 2026. L’USDA anticipe ainsi un rebond des semis, avec une estimation actuelle de 85 millions d’acres, soit une hausse notable par rapport à l’an dernier, même si ce niveau reste légèrement inférieur à la moyenne quinquennale.

(1) Argus Media, société spécialisée dans le suivi des marchés des matières premières, nous livre son analyse agricole hebdomadaire.
À suivre : Phase de repli parité euro/dollar ; Conditions sèches sur certaines zones de production des blés d’hiver aux USA ; Impact du froid en mer Noire sur les cultures d’hiver ; Retour de certains pays importateurs, tels l’Égypte, pour des achats de blé ; Évolution de la situation diplomatique et des négociations entre l’Iran et les USA

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