Les bolus connectés en test sur les charolaises à Ferm’Inov
La ferme expérimentale Ferm’Inov de Jalogny en Saône-et-Loire a équipé 25 vaches allaitantes (1) avec un dispositif innovant pour suivre avec précision la reproduction et les vêlages grâce à la température, en plus de l’activité et de la rumination des animaux.
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« À la demande des éleveurs allaitants de notre région nous testons des bolus connectés sur nos charolaises, indiquent Adrien Demarbaix, responsable technique de la ferme expérimentale Ferm’Inov à Jalogny en Saône-et-Loire et Louise Ribeiro, chargée de projets à Ferm’Inov. Nous avons contacté la société SmaXtec qui commercialise ces outils essentiellement auprès des fermes laitières en Allemagne, Norvège et Suisse. Seule une dizaine d’exploitations laitières françaises utilisent ces bolus. Nous souhaitons vérifier s’ils sont adaptés à la conduite des bovins viande. »
Réagir le plus précocement possible à la moindre alerte
L’enjeu est d’améliorer les performances technico-économiques de l’atelier en suivant de près la température, l’activité et la rumination des animaux. Le but est de réagir le plus précocement possible à la moindre alerte (augmentation de la température, et/ou baisse de la rumination…)
En pratique le bolus se présente sous la forme d’un cylindre d’une dizaine de centimètres. Il est administré à l’animal avec un pistolet classique utilisé pour les bolus standard présents sur le marché pour apporter des oligoéléments ou traiter contre les parasites. Les bolus en test sont toutefois individualisés et ils ne se dégradent pas.
Leur rôle est de collecter des données tout au long de la vie de l’animal. Au moment de l’administration, un QR code permet de relier le bolus au numéro de boucle. Une fois dans la panse, celui-ci relève la température de l’animal (toutes les deux à trois minutes) avec précision (à 0,01 °C près). Il mesure aussi les cycles d’abreuvement, la consommation d’eau quotidienne, la rumination et l’activité des animaux (leurs mouvements).
Mesures relevées au champ aussi
L’ensemble des informations est collecté par une base, d’une portée de 50 mètres installée dans la stabulation. Lorsque les animaux partiront au pâturage, cette base pourra être transportée facilement dans la voiture jusqu’au champ. Reliée à l’allume-cigare, elle pourra récupérer les données des bolus, sachant qu’ils ont une capacité de stockage d’une semaine maximum.
Les données sont ensuite redirigées vers l’appli sur le smartphone et le logiciel de l’ordinateur où l’exploitant peut les consulter, sachant l’intelligence artificielle est mise à contribution pour générer les alertes. «Nous serons aidés par le fournisseur au cours de la première année pour interpréter les données et les alertes le plus précisément possible », ajoute Louise Ribeiro.
Il ne s’agit pas pour autant de remplacer la surveillance de l’éleveur. « L’outil vient compléter et appuyer nos observations, indique Adrien Demarbaix. Nous allons, par exemple, pouvoir suivre plus précisément la reproduction, car la température chute avant le vêlage, sera mesurée facilement. »
Les chaleurs les plus discrètes devraient aussi être détectées alors que l’œil de l’éleveur, pourtant aguerri, a du mal à les repérer. « Il sera même possible de calculer rapidement le moment précis pour l’insémination artificielle la plus fécondante pour les vaches destinées à ce mode de reproduction », indique Louise Ribeiro.
L’outil devrait être précieux pour déceler précocement une infection (mammite, boiterie…) chez l’animal pour le soigner rapidement pour éviter des frais et des pertes parfois importantes.
(1) Trente autres vaches seront équipées prochainement.
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