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La productivité des élevages bovins allaitants s’érode depuis dix ans

Bovins Croissance recense un recul de –1,6 à –2,3 de points de productivité globale pour les différentes races de bovins allaitants.

Les périodes improductives en élevage allaitant s’accumulent et ont un impact sur les éleveurs, mais également sur la filière. Des marges de manœuvre existent.

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« En moyenne sur les fermes, 11 % des vaches allaitantes sont improductives. » C’est le constat dressé par Guillaume Loustau, conseiller à la chambre d’agriculture du Lot, lors de la conférence Grand angle viande de novembre 2025.

Pour une ferme de cinquante-cinq mères, c’est un manque à produire de six veaux en moyenne par campagne. « Il y a beaucoup plus d’élevages peu productifs que d’élevages productifs, constate le conseiller. Mais il y a des marges de progrès », se réjouit-il.

13 % d’IVV au-delà de 500 jours

D’abord, l’objectif est d’obtenir un intervalle vêlage-vêlage (IVV) de 365 jours. Actuellement, un tiers des vaches en France ont un IVV supérieur à 400 jours, dont 13 % supérieur à 500 jours. « C’est une période d’improductivité de l’animal très forte, avec de grosses charges d’alimentation », souligne Guillaume Loustau.

Cela coïncide avec une stratégie — subie, dans la plupart des cas — d’étaler les naissances sur l’année, et un taux de renouvellement bas, autour de 12 %. « La contrainte est que tous les choix de réforme sont subis. Il faut viser idéalement un taux de renouvellement autour de 20 %. »

Perte de productivité

L’âge au premier vêlage a également son importance. La moyenne du troupeau allaitant est de 3 ans, et n’évolue pas. « 20 % des troupeaux vêlent au-­delà de 38 mois, et une partie non négligeable au-delà de 40 mois », déplore le conseiller.

L’érosion constatée de la productivité globale tire la sonnette d’alarme. En bovins allaitants, ce repère de synthèse technico-économique est le nombre de veaux sevrés par rapport au nombre de vaches présentes sur la ferme.

(©  Jérôme Chabanne)

« Sur dix ans, on a perdu l’équivalent d’un veau. » En points de pourcentage, les résultats de Bovins Croissance ont montré jusqu’en 2023 un recul de –1,6 à –2,3 points de l’indicateur de productivité globale, qui diffère selon les races.

Payant sur le plan environnemental

Pourtant, cette productivité joue un rôle essentiel dans la rentabilité économique des exploitations. « En système naisseur avec 50 vaches aubracs, 5 % en moins de productivité numérique se traduit par une perte de 4 000 € d’excédent brut d’exploitation (EBE), et donc de revenu, explique Aurélie Blachon, de l’Institut de l’élevage. C’est le facteur le plus important sur la sensibilité de l’EBE. »

Améliorer la reproduction s’avère donc payant, également sur le plan environnemental. Selon Aurélie Blachon, l’importance de la productivité pour limiter la production de gaz à effet de serre est indéniable.

« Des simulations montrent que réduire les périodes improductives de quinze jours d’IVV, ou diminuer l’âge au premier vêlage de 35 à 30 mois, réduit l’empreinte carbone de 2 à 8 %, affirme l’ingénieure agronome. Et ces leviers se cumulent au stockage de carbone. »

Gagner du temps de travail

Enfin, les bénéfices en termes d’organisation du travail et de viabilité du métier sont mis en avant. Une période de vêlage et de mise à la reproduction bien définie est « le plus structurant pour gagner du temps, jusqu’à 2 heures par vêlage et par an ».

Cela permet également de grouper les interventions : chaleurs, surveillance des vêlages, rationnement, soins, etc. « Il y a moins de lots à gérer, et ils peuvent être vendus en lots plus importants et homogènes, mieux valorisés économiquement », conclut Aurélie Blachon.

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