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Grippe porcine : des pertes qui peuvent dépasser 100 €/truie

Quand on parle de grippe porcine, les premiers symptômes qui viennent à l'esprit sont souvent respiratoires. Pourtant, les conséquences vont bien au-delà. Troubles de la reproduction, pertes de porcelets, dégradation des performances en post-sevrage et en engraissement : un épisode grippal peut rapidement faire grimper la facture, dans des proportions souvent sous-estimées. Et ce n'est pas tout : même en dehors des flambées, le virus circule souvent en silence, sans tableau clinique évident, mais avec des répercussions économiques bien réelles.

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Les virus grippaux se multiplient dans l’appareil respiratoire des porcs. Mais la fièvre et l’inflammation provoquées par l’infection perturbent la reproduction des truies.

Un impact direct sur la reproduction

Dans les élevages touchés, même en absence de signes respiratoires évidents, plusieurs conséquences peuvent être observées chez les truies atteintes :

Quand la grippe désorganise tout l'élevage

Prenons un exemple concret (Turci et al. 2025) : dans un élevage naisseur-engraisseur de 110 truies, les reproductrices ont développé un syndrome grippal marqué : baisse d’appétit, fièvre modérée, coups de flanc, avortements, retours en chaleur et chute de production laitière. L’analyse a confirmé la circulation d’un virus grippal dans ce cheptel.

Pour cet élevage vendant une partie des porcelets au sevrage, les conséquences sont immédiates : un déficit de plus de 20 % du nombre de porcelets sevrés sur le cycle touché par l’épisode grippal, affectant le revenu et l’organisation de la conduite en bandes.

Et les porcs en croissance ? Des conséquences en cascade sur la santé respiratoire et les performances

Dans cet élevage, les conséquences ne se limitent pas aux truies. L’épisode grippal a réveillé d’autres agents respiratoires. Les porcelets en maternité et en post-sevrage ont développé toux, éternuements et coups de flanc. Des analyses complémentaires ont mis en évidence la présence conjointe de Mycoplasma hyopneumoniae et du PCV2.

La grippe a joué le rôle “d’allumette” sanitaire. Elle a fragilisé les animaux et ouvert la porte à d’autres infections, avec des conséquences mesurables :

Dans cet élevage, la perte de marge brute a été estimée par le groupement à 11 637 €, soit plus de 100 € par truie, pour un cycle de production.

* Actualisation instantanée du 2/05/2023 : 390 €/ tonne d’aliment (mixte 5 kg 1er âge, 20 kg 2e âge, aliment croissance…) et 2,42 € prix payé/ kg carcasse

Prévenir coûte souvent beaucoup moins cher que subir

Un niveau de perte à comparer avec le coût annuel d’une vaccination des reproductrices contre la grippe : moins de 10 € par truie et par an. Dans l’exemple ci-dessus, il est évident que la vaccination des truies, en prévenant les symptômes associés à la grippe et aux agents « profiteurs », aurait été très rentable.

Combien me coûte un avortement ?

Le tableau ci-dessous présente l’évolution technique après mise en place d’une vaccination des truies contre la grippe dans plus de 100 élevages. L’amélioration a bien été au rendez-vous : moins de retours, moins d’avortements et plus de porcelets sevrés.

Evolution des performances techniques des reproducteurs à la suite de la mise en place du vaccin contre H1pdmN1pdm

Critères suivis (137 élevages)

Evolution avant/après vaccination

% de retours

- 3,3

% d’avortements

- 0,09

% de pertes sur nés vifs

- 0,5

A l’heure actuelle, ces résultats, appliqués à un élevage naisseur-engraisseur de 250 truies, équivalent à 7 500 € de pertes économiques annuelles dues aux retours en chaleur, avortements et perte sur nés vifs en l’absence de vaccination. Alors que l’investissement vaccinal s’élève à 1 750 euros, le retour sur investissement du vaccin  contre la grippe atteint 23 €/truie !

: 285 €/ tonne d’aliment (mixte 5 kg 1er âge, 20 kg 2e âge, aliment croissance…) et 1,583 € prix payé/ kg carcasse

La grippe porcine est une maladie très fréquente et souvent persistante en élevage. Le virus peut circuler toute l’année et affecter durablement les performances sans forcément provoquer de symptômes spectaculaires.

Dans ce contexte, la prévention doit s’inscrire dans la durée. Pour de nombreux élevages, la vaccination des truies tout au long de leur vie constitue aujourd’hui l’un des principaux leviers pour limiter les conséquences sanitaires et économiques de la grippe.

 

 

 

 

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