Férue de photo animalière
Marie Thomas travaille au service de remplacement du Maine-et-Loire. Également conjointe collaboratrice, elle consacre son temps libre à photographier la faune sauvage.
Vous devez vous inscrire pour consulter librement tous les articles.
Sur l’écran du téléphone, les photos défilent. De son index, Marie Thomas en bloque certaines. Ici, une mésange nonnette ; là, une grive musicienne. Plus loin, sous un soleil déclinant, deux jeunes chevreuils, des jumeaux ; là encore, un renard. « Pour le photographier, il m’a fallu des heures d’attente mais quand il est sorti du terrier, deux petits l’ont suivi : l’émotion était si forte que j’en tremblais », raconte cette femme de 55 ans, dont beaucoup d’agriculteurs du Maine-et-Loire connaissent la voix attentive.
« Tout a commencé par un appareil Kodak reçu en cadeau de profession de foi »
Marie Thomas est gestionnaire de planning au service de remplacement à Angers. Mais c’est à Chambellay, 35 kilomètres plus au nord, qu’elle vit aux côtés d’André Leclerc, éleveur laitier. C’est là aussi qu’elle déploie sa passion pour la photo animalière. « Comme beaucoup de ma génération, tout a commencé par un appareil Kodak reçu en cadeau de profession de foi. Ça étonne aujourd’hui mais, à l’époque, j’avais droit à une pellicule par mois. »
Loin de ces années, Marie est désormais équipée de deux boîtiers numériques Nikon et de plusieurs objectifs, dont un 150-600 mm. Avec le numérique, ses prises de vues ont explosé : « J’arrive à 30 000 par an ! » La majorité d’entre elles est réalisée à Chambellay où, tel un chasseur, la photographe a ses « coins à elle ». Bien malin qui la débusquera à l’abri d’une haie, immobile dans sa tenue de camouflage. Et il faut un œil attentif pour repérer, dans un bosquet à moins d’un kilomètre de la ferme, sa tente d’affût.
Saisir le mouvement
La photographie animalière demande patience et une bonne connaissance de la nature. En hiver comme à la belle saison, Marie lui consacre plusieurs heures par semaine. Souvent au petit matin, en particulier pour le chevreuil. « Le but est que je sois en place avant qu’il bouge. » Au printemps, « la saison du renard », la voilà qui quitte plus tôt que d’habitude la salle de traite « pour profiter des longues soirées et de la lumière rasante ».
Il y a dix ans, l’agricultrice a rejoint un club de photographes amateurs. Elle y a rencontré d’autres « mordus ». D’abord Guy, « grâce à qui j’ai immortalisé mon premier chevreuil », puis Yann. Tous lui ont appris leurs « trucs », ouvert leur réseau. En 2023, Marie s’est ainsi immergée trois jours dans la forêt domaniale de Bercé, dans la Sarthe.
Sous la houlette d’un photographe animalier professionnel, elle s’est perfectionnée dans la prise de vue et les techniques d’approche. « Pour moi qui suis autodidacte, ce stage a été une étape importante. » Sur l’écran, l’index de Marie bloque un dernier cliché. Toutes ailes déployées, deux coqs faisans combattent. Saisir le mouvement, « ça, je ne savais pas le faire avant », ponctue Marie, radieuse.
Pour accéder à l'ensembles nos offres :