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D’éducatrice spécialisée à paysanne accueillante

Ancienne éducatrice spécialisée, Anne-Laure Pitiot a développé l’accueil social à la ferme.

Installée en 2019 sur une exploitation laitière dans la Loire, Anne-Laure Pitiot, ancienne éducatrice spécialisée, a développé l’accueil social à la ferme.

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Adolescente, quand on l’interrogeait sur la profession de ses parents éleveurs laitiers, Anne-Laure Pitiot répondait « exploitants agricoles », un terme qui lui paraissait plus sérieux que celui de « paysan ». Depuis, son regard a évolué et, à 42 ans, elle est fière d’être une paysanne. « Paysanne accueillante », précise-t-elle.

Garder un lien avec son premier métier d’éducatrice spécialisée

Car si Anne-Laure a rejoint son mari Olivier sur la ferme laitière il y a cinq ans, c’était avant tout pour y développer l’accueil social et garder un lien avec son premier métier d’éducatrice spécialisée. Après des années à travailler auprès d’adolescents dans des foyers de l’aide sociale à l’enfance, elle sentait que « l’environnement apaisant de la ferme pourrait leur procurer du réconfort ».

Elle a mûri son projet pendant le congé parental qui a suivi la naissance de son petit dernier. Par chance, elle était diplômée d’un BTSA gestion et protection de la nature, ce qui a facilité son installation. « À l’époque, je m’intéressais à l’animation nature, je ne m’imaginais pas devenir agricultrice. »

Les animaux aident à entrer en connexion avec les visiteurs

Depuis 2020, elle reçoit régulièrement des groupes scolaires, des enfants de crèches, des personnes âgées, des adultes porteurs de handicaps, etc. Les vaches, poules, canards, oies, lapins, chèvres et le cochon de la ferme l’aident à entrer en connexion avec ses hôtes.

Soucieuse de préserver son équilibre familial, elle restreint les visites les mercredis et le week-end. Elle redoutait que ses quatre garçons lui reprochent cette activité, se remémorant sa jalousie lorsque ses parents accueillaient des enfants pendant les vacances. Avec le recul, elle comprend que sa vocation vient probablement de là, portée par une maman « travailleuse sociale dans l’âme ».

Trouver sa légitimité

Trouver sa légitimité a pris du temps, notamment en tant qu’agricultrice. « Qui suis-je pour parler d’agriculture ? », s’est-elle longtemps demandé, ayant appris le métier sur le tas. Aujourd’hui, Anne-Laure assume pleinement.

Concernant l’accueil spécialisé, elle ne transige pas sur les tarifs. Elle facture 130 euros la demi-journée. « Je ne veux plus dévaloriser mon travail », affirme l’agricultrice, soutenue et accompagnée par les réseaux Accueil paysan et Astra (1).

Aujourd’hui, elle aspire à trouver un meilleur équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle. L’éleveuse, qui travaille sans arrêt, estime difficile « l’écart avec le reste de la société », même si elle reste fière de transmettre ses valeurs à ses fils.

(1) Agriculture sociale et thérapeutique dans le RhôneAlpes.

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