Architecte pour vaches
À force de détermination, Laura Quéméner a construit son parcours pour devenir conseillère en bâtiment d’élevage, un métier qui la passionne.
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Crayon et bloc-notes dans une main, télémètre dans l’autre, Laura Quéméner arpente les stabulations à rénover, agrandir ou monter. « J’adore réfléchir pour créer un projet de A à Z et voir, à la fin, la construction sortie de terre. C’est très valorisant », confie la jeune femme de 35 ans, conseillère en bâtiment chez Farago, filiale de la société de conseil en élevage Innoval, depuis cinq ans.
Une fille de la terre
Fille d’agriculteur du Finistère, Laura ne se voyait pas reprendre l’exploitation familiale : « Trop petite, avec un corps de ferme vieillissant et un parcellaire très morcelé. » Plus souvent en train de bricoler avec son père qu’à jouer aux poupées, elle a toujours été une fille de la terre.
Travailler aux côtés des agriculteurs s’est donc imposé comme une évidence. Après un BTS ACSE à l’Iréo Lesneven (Finistère), elle poursuit en licence professionnelle métier du conseil en élevage à l’IUT Brest, en apprentissage au GDS (groupements de défense sanitaire) de la Mayenne, avant de compléter son parcours par un BTS productions animales à Laval (Mayenne).
Une formation de dessinateur-métreur
« Pendant mes études, j’ai rencontré un conseiller en bâtiment de la chambre d’agriculture de la Bretagne qui intervenait chez mon maître de stage », raconte-t-elle. Ce fut un déclic. Renseignements pris, Laura découvre qu’il n’existe pas d’enseignement spécifique pour ce poste. « Et les entreprises qui recrutaient n’avaient pas le temps de me former sur la partie relative au bâtiment. »
Embauchée comme technicienne en qualité de l’eau au GDS de la Mayenne, l’idée continue de germer. « J’ai cherché partout en France. » Motivée et déterminée, elle finit par trouver une formation adulte de dessinateur-métreur proposée par la Région Bretagne.
Apporter du confort aux vaches et aux éleveurs
Elle y apprend toutes les bases : du montage d’un permis de construire à la conception assistée par ordinateur (CAO). Désormais, une fondation, un contrefort, un faîtage ou un arbalétrier n’ont plus de secrets pour elle. « Avant même d’avoir obtenu mon diplôme, j’avais une promesse de CDI à la chambre d’agriculture. »
« J’avais les fondamentaux, ensuite j’ai appris sur le terrain. » Son principal atout ? Une connaissance fine du milieu agricole et des compétences techniques solides. « Avec les agriculteurs, nous parlons le même langage, c’est plus facile pour comprendre leurs besoins.
J’aime me creuser les méninges pour trouver les solutions qui apportent du confort aux vaches mais aussi et surtout à l’éleveur. » Sur le terrain comme au bureau, ce métier aux multiples casquettes la passionne. « On dit qu’un bâtiment, c’est un an de réflexion, un an de construction, pour une carrière » : une expression qui fait sens pour elle.
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