Mercosur : plusieurs dirigeants européens veulent une application rapide
Malgré la saisine de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) par le Parlement, plusieurs dirigeants européens souhaitent une application « dès que possible » de l’accord commercial avec le Mercosur, a souligné vendredi la présidente de la Commission Ursula von der Leyen.
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Le Parlement a saisi la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) mercredi 21 janvier 2026 pour vérifier la légalité du traité de libre-échange avec le Mercosur, ce qui suspend le processus de ratification pendant un an et demi. Mais la Commission a le droit dans l’intervalle d’appliquer provisoirement cet accord avec l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay.
Un des pays du Mercosur doit formellement approuver l’accord
« Nous n’avons pas encore pris de décision », mais « la question de l’application provisoire a été soulevée par plusieurs dirigeants » européens, lors d’un sommet à Bruxelles le 22 janvier au soir, a affirmé Ursula von der Leyen. Chez ces responsables, « il y a un clair intérêt » pour que cet « important accord » s’applique « dès que possible », a-t-elle assuré.
Mais une telle application ne sera possible que quand au moins un des pays du Mercosur aura formellement approuvé cet accord, a-t-elle rappelé. « Nous serons prêts lorsqu’ils le seront » du côté latino-américain, a assuré la dirigeante. Auparavant, Antonio Costa, le président du Conseil européen — l’instance qui représente les États membres — a réclamé cette application provisoire. Selon lui, la majorité des États membres y est favorable.
La France farouchement opposée à une application provisoire
L’Allemagne soutient ardemment la mise en œuvre rapide de l’accord, tout comme l’Espagne. Mais la France y est farouchement opposée, en raison de craintes pour son secteur agricole. Si Mme von der Leyen « venait à passer en force en imposant une application provisoire, cela constituerait […] une forme de viol démocratique, a lancé la porte-parole du gouvernement français », Maud Bregeon, jeudi 22 janvier.
Un vote important, qui doit être respecté ! https://t.co/pqLicVJjlB
— Sébastien Lecornu (@SebLecornu) January 21, 2026
Cet accord doit permettre à l’Union européenne d’exporter davantage de voitures, machines, vins et spiritueux vers l’Amérique latine tout en facilitant l’entrée en Europe de viande bovine, volailles, sucre, riz, miel et soja sud-américains. Mais pour ses détracteurs, cela va bousculer l’agriculture européenne avec des produits importés moins chers et pas forcément respectueux des normes de l’Union européenne, faute de contrôles suffisants.
Mercredi, les syndicats agricoles européens ont salué la saisine de la justice et mis en garde contre tout « passage en force » de la Commission européenne.
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