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À mi-parcours des négociations commerciales, le bilan est mitigé

Selon le président de Pact'Alim, « les distributeurs ont demandé des déflations dans 85 % des cas ».

Malgré une charte signée en amont des négociations commerciales entre la grande distribution et ses fournisseurs, certaines pratiques continuent de persister selon certains acteurs.

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À mi-chemin des négociations commerciales entre la grande distribution et l’industrie agroalimentaire, gouvernement et parties prenantes ont dressé le lundi 19 janvier 2026 un premier bilan mitigé, un mois et demi après la signature d’une charte censée apaiser les discussions et différencier les PME.

« De bonnes choses mais peut mieux faire », a résumé à la presse le cabinet du ministre du Commerce et des PME, Serge Papin, à l’issue d’un comité de suivi qui s’est tenu lundi en sa présence, avec également la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard. Pour la première fois, les représentants du secteur bio étaient également présents.

De « petites avancées » sur le nombre de contrats signés

Traditionnellement, du 1er décembre au 1er mars, supermarchés et fournisseurs mènent des négociations, parfois brutales, qui déterminent in fine les prix des produits (hors marques propres des distributeurs) en rayon. Signe d’une volonté d’apaisement, ces tractations ont été inaugurées cette année par la signature d’une charte inédite engageant tous leurs acteurs, la Fédération du commerce et de la distribution (FCD) et cinq organisations d’industriels (Ania, Ilec, Feef, Pact’Alim et La Coopération Agricole).

Il s’agissait notamment de « finaliser dans la mesure du possible » ces négociations avec les PME, par opposition aux grands industriels, « au plus tard le 15 janvier ». Sur ce point, le cabinet du ministère du Commerce a évoqué « de petites avancées », sans quantifier le nombre de contrats signés, objet d’une bataille de chiffres. Pour l’Ania, « à peu près 40 % » des contrats PME ont été paraphés, a assuré à l’AFP son président, Jean-François Loiseau.

« La majorité des distributeurs a conclu plus de 80 % des accords avec les PME », certaines enseignes atteignant 100 %, a déclaré Judith Jiguet, déléguée générale de la FCD. Selon elle, l’écart s’explique par le périmètre retenu, la FCD tenant compte des contrats régionaux comme nationaux et des accords approuvés à défaut d’avoir été formellement signés.

Des demandes de déflation chez les distributeurs

« Le bilan de cette charte est très très mitigé », a déclaré à l’AFP Jérôme Foucault, le président de Pact’Alim. Là où les fournisseurs réclament des hausses de « 2,5 % en moyenne, les distributeurs ont demandé des déflations dans 85 % des cas, à hauteur de –2,5 à –5 % dans les deux tiers des cas », déplore Pact’Alim dans un communiqué, évoquant des pratiques « inchangées, voire dégradées », comme des « menaces de déréférencement ».

Le respect du coût de la matière première agricole reste un point de vigilance, souligne le cabinet de la ministre de l’Agriculture. Par rapport à l’année dernière, avec la stabilisation des prix de l’énergie et une inflation moins grande, les conditions sont réunies selon les cabinets ministériels pour que les discussions soient recentrées davantage sur la part de la matière agricole dans le prix plutôt que le prix du gaz comme cela a pu l’être.

« Un vrai point d’accroche » a trait aux « centrales d’achat européennes », vues « comme un moyen de contourner » la législation française, a également rapporté le cabinet du ministère de l’Agriculture. Le 16 janvier, l’Ilec et l’Ania ont fustigé en particulier Intermarché et sa centrale Everest basée aux Pays-Bas, qui assure, elle, être dans les clous. « S’il y a des éléments problématiques, la DGCCRF (répression des fraudes) est là pour les contrôler », répond-on au ministère du Commerce.

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