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« J’ai investi 21 600 € dans la gestion des compléments du troupeau pour préserver ma santé »

Benoit Gille, depuis qu'il s'est équipé du système de cellules et de mélange électrique, a vu sa santé s'améliorer.

L’EARL de l’Aulnois a opté en 2019 pour un système de silos verticaux et de vis de transfert afin d’arrêter de charger ses compléments alimentaires dans son godet mélangeur avec des seaux.

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« Depuis 2019, j’ai réduit ma charge de travail physique en remplaçant le chargement au seau de mon godet mélangeur, par un système électrique composé de silos verticaux, de vis de transfert, d’un broyeur et d’une mélangeuse horizontale », explique Benoît Gille, gérant de l’EARL de l’Aulnois.

Celui-ci mène avec deux apprentis, son élevage composé de vaches laitières, allaitantes et de taurillons. L’exploitation installée sur la commune de Glatigny, dans l’Oise, produit 720 000 litres de lait. L’alimentation tient donc une place importante parmi les astreintes.

Jusqu’à 500 kg chargés à la main

« Dès que je me suis installé sur l’exploitation familiale, je me suis mis à travailler uniquement avec des aliments simples, décrit Benoît Gille. C’est-à-dire que je n’utilise jamais dans mes rations des aliments transformés ou déjà mélangés. Je tiens également à ajouter avec précision chaque complément mis dans mes rations. »

« À cet effet, je complétais manuellement chaque ration avec des seaux de soja, de céréales, de colza, de corn gluten feed ou bien de pulpe de betterave sèche, en fonction des lots d’animaux. Ça représentait jusqu’à 500 kg d’aliments chargés par jour dans le godet mélangeur. C’était d’autant plus dur que le bord de ce dernier est relativement haut, cela m’obligeait à vider les seaux largement au-dessus de mes épaules. »

Cette tâche physique l’a d’ailleurs régulièrement conduit à se rendre chez l’ostéopathe, pour alléger ses douleurs. C’est donc principalement pour préserver sa santé que Benoît a décidé de s’équiper d’un système de cellules et de vis de transfert afin de mécaniser le brassage et le chargement de ses compléments.

Le mélangeur est capable de traiter jusqu'à 740 kg de matière. Au-delà, le broyeur se met en sécurité et bloque l'ensemble. (©  Paul Denis/GFA)

Stocker, broyer et mélanger

La mécanisation du transport des compléments est possible grâce à la combinaison de plusieurs éléments. Ceux-ci comprennent une mélangeuse horizontale, un broyeur à céréales et deux silos de stockage compartimentés. Chaque segment dispose d’un volume utile de 4,5 m³ supportant une charge de 3 tonnes.

Un broyeur est installé pour transformer les différentes céréales en farine. (©  Paul Denis/GFA)

Un des silos est affecté au mélange de blé et d'orge. C’est celui-ci qui nécessite la présence du broyeur pour qu’il soit réduit en farine. Les autres segments sont, quant à eux, susceptibles d’abriter au choix, du soja, du colza, du corn feed gluten ou encore de la pulpe de betterave sèche.

Ces compléments sont transportés directement dans la cuve de mixage par les vis de transfert électriques. Pour préparer sa ration, l’agriculteur commence par activer la mélangeuse horizontale et le broyeur. Une fois ces machines en route, l’agriculteur gère l’approvisionnement et la vidange depuis un tableau électrique.

L’éleveur pilote sa ration depuis le tableau électrique. Il active un interrupteur pour chaque aliment qu'il veut envoyer dans le mélangeur ou dans le broyeur pour les céréales. (©  Paul Denis/GFA)

Afin de suivre le volume mis dans la cuve, un afficheur indique le poids au kilogramme près. Le tableau intègre aussi cinq interrupteurs qui agissent sur les vis de transfert des quatre segments et sur la vis de vidange. « Lorsque ma ration est prête, je mets en route le système de vidange pour envoyer la mixture dans mon godet mélangeur. En tout et pour tout, cette tâche ne me prend que 5 minutes. Je répète ainsi cette opération jusqu’à quatre fois par jour pour nourrir les différents lots présents sur la ferme », précise Benoît.

Une fois le mélange effectué, il est transporté dans le godet mélangeur par une ultime vis de transfert. (©  Paul Denis/GFA)

Trois silos de 30 tonnes

Les unités de stockage sont ravitaillées plusieurs fois par mois en fonction de ce que l’éleveur met dans sa ration. Pour ce faire, chaque compartiment est muni d’un hublot pour voir le stock en temps réel. Dès que celui-ci est trop bas, l’agriculteur les complète avec le godet du chargeur télescopique.

Afin de ne pas gérer les différents produits en petites quantités, mais aussi pour économiser sur le volume. Benoît alimente ses cellules depuis trois cases stockant jusqu’à 30 tonnes de compléments. Ce sont ces cases qui sont d’ailleurs à la base du premier projet de mécanisation.

« J’ai commencé par réfléchir à mettre des vis directement dans mes grandes cases, mais je ne souhaitais pas apporter d’électricité dans mon bâtiment de stockage, pour prévenir tout départ de feu. J’ai également eu d’autres propositions, mais à la suite d’un problème de place et de régularité du sol, je me suis finalement tourné vers le système que j’ai actuellement. »

21 600 € d’investissement

Le projet retenu a coûté au total 36 183,71 €. Les deux silos, 9 970 €, le broyeur et la mélangeuse horizontale 19 042 €, la dalle en béton et l’appentis ont coûté en matériaux 2 047,71 €. Le déplacement et la main-d’œuvre des établissements Bellay ont coûté 2 784 €.

Enfin, Benoît a estimé son temps à 2 240 € auquel il a ajouté 100 € de petites choses (essence pour tronçonneuse, quincaillerie, etc.). L’éleveur a perçu une subvention de 14 494 € par la Région Hauts-de-France, dans le cadre d’un plan de compétitivité et d’adaptation des exploitations agricoles (PCAE).

Le coût réel est donc descendu à 21 689,71 € pour l’exploitation. Même si cette somme paraît importante, Benoît est ravi de cet investissement. Depuis la mise en route du système, en plus de ne mettre que 5 minutes à faire son mélange, il se sent moins fatigué en fin de journée et en meilleure santé de manière générale. « J’ai même réduit le nombre de mes rendez-vous chez l’ostéopathe. »

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