Loup : les syndicats dénoncent les effets d’annonce du gouvernement
L’augmentation du plafond de prélèvement de loups annoncée par le gouvernement n’a satisfait aucun syndicat. Passer d’un taux de prélèvement de 19 % à 21 % était déjà prévu dans les textes.
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Le 9 janvier 2026, l’État a annoncé que le taux de prélèvement des loups allait être augmenté de deux points. Or, cette marge de manœuvre était déjà présente dans les textes. En 2026, 227 loups pourront donc être prélevés au total. Cela correspond à 21 % de l’effectif de loups annoncé à la fin de 2025 (1 082 loups). « Sur le terrain les blocages demeurent, indique la Coordination rurale dans son communiqué du lundi 19 janvier 2026. Notamment dans les régions de montagne où une grande partie du quota est consommée avant même la sortie de certains troupeaux en estive. »
Pour Stéphane Galais, de la Confédération paysanne, « l’annonce de l’État est populiste et elle ne répond pas aux problèmes de fond de la prédation. » Le responsable prône, entre autres, des tirs ciblés sur le prédateur, des réflexions sur la protégeabilité des troupeaux de bovins et davantage de recherche sur le comportement des loups.
« Il faut revoir l’arrêté en profondeur », préconise Michèle Boudoin, la présidente de la Fédération nationale ovine (FNO). Si la responsable salue l’entrée de la thématique parmi les piliers de la loi d’urgence, elle estime que compte tenu de l’abaissement du statut du prédateur à l’échelle de l’Europe, la France devrait œuvrer pour une régulation plus franche.
« Nous voulons que l’animal réapprenne à avoir peur de l’homme, explique-t-elle. Il doit pouvoir être tiré dès qu’il approche de nos troupeaux, sans attendre la troisième attaque, d’autant que l’espèce a dépassé depuis longtemps le seuil de viabilité estimé à 500 individus. » L’élue souhaite aussi que les éleveurs détenteurs du permis de chasser puissent être autorisés à utiliser des lunettes à vision nocturne pour gagner en efficacité.
Un comptage contesté
C’est également une demande de la Coordination rurale qui dénonce toujours le résultat de comptage du nombre de loups. « Nous ne mettons pas en cause la méthode (CMR) mais la manière dont elle est appliquée », précise le syndicat. La collecte d’échantillons repose sur les bénévoles. Or, là où il n’y a pas de correspondant, il n’y a pas de loups. La réalité est donc biaisée.
La Coordination rurale dénonce également « le rôle de certaines associations pro-loups, largement financées par des fonds publics, qui multiplient le recours et les pressions pour entraver, tout en stigmatisant les éleveurs. »
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